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Des poursuites recommandées contre sept policiers de la MCIT
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Des poursuites recommandées contre sept policiers de la MCIT
Le Central Criminal Investigation Department (CCID) a complété son enquête sur la mort de Rajesh Ramlogun, décédé pendant sa détention décidée par la Major Crime Investigation Team (MCIT). Il compte maintenant transmettre le dossier au bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP), recommandant l?inculpation des sept policiers de la MCIT d?homicide involontaire (manslaughter).
Quatre des policiers faisaient partie de l?équipe d?interrogatoire de Rajesh Ramlogun. Ils sont le sergent Dishiraj Jagdawoo, le caporal Raffick Madarbux, les constables Kinsley Potié et Evans Levasseur. Les trois autres, Sudesh Lutchmun, Paramasiven Arnasala et Homadeven Manaroo, avaient ramené Rajesh Ramlogun à sa cellule dans la soirée du 12 janvier.
Les quatre premiers avaient été arrêtés le 18 janvier et les trois autres le lendemain. Tous les sept, libérés le 25 janvier contre une caution de Rs 50 000 chacun, ont nié en bloc l?accusation formulée contre eux.
Rajesh Ramlogun, 45 ans, avait été arrêté par la MCIT le 12 janvier. Il était soupçonné de complot dans le double assassinat d?Indira Jhurry, 66 ans et de sa belle-s?ur, Geeta Jhurry, le 5 janvier à leur domicile à Bharuth Lane, Lallmatie. Son neveu, Avinash Ramgotee, 23 ans, arrêté dans le cadre de la même affaire, est lui accusé provisoirement d?assassinat.
Le 14 janvier, Rajesh Ramlogun meurt à l?hôpital Jeetoo. Le médecin légiste Sudesh Kumar Gungadin conclut au décès par hématome intercérébral (intercerebral haematoma). Dès le premier soir de sa détention à Alcatraz, Rajesh Ramlogun présentait des blessures à la joue gauche. Le constable Clarence Koo Wan Cheung avait en effet noté dans le diary book, à 22 h 53, que le détenu présentait ?a red mark and scratches on the left cheek?. La remarque du policier avait été faite en présence de deux de ses collègues.
Durée de trajet trop longue
Au cours de leur enquête, les agents du CCID ont noté un problème à propos de l?heure à laquelle Rajesh Ramlogun avait quitté le bureau de la MCIT sous escorte et son arrivée au centre de détention d?Alcatraz. Dans le diary book de la MCIT, le constable Manaroo note que le détenu Ramlogun est conduit à Alcatraz à 22 h 15. Toutefois, il n?y arrive qu?à 22 h 53, délai jugé bien trop long pour couvrir cette petite distance. Le constable Manaroo s?est expliqué : il avait déjà annoté le diary book quand il s?est rendu compte qu?il avait omis de remplir la feuille d?accusation (charge sheet) du détenu.
A la suite du décès de Ramlogun et après le rapport d?autopsie, tous les policiers de service ce jour-là ont dû chacun consigner une déposition le 15 janvier. Lesurintendant de police (SP) Prem Raddhoa, chef de la MCIT et son adjoint, l?inspecteur Ranjit Jokhoo, ont également déposé. Le premier a déclaré que de graves soupçons avaient motivé la détention de Rajesh Ramlogun. L?inspecteur Jokhoo, a lui précisé que l?ordre de détenir le suspect en cellule émanait du SP Raddhoa.
Ce dernier a été interrogé une nouvelle fois le 24 janvier. Environ quatre heures durant, il a subi les questions de l?assistant surintendant de police, Heman Jangi. Dans ses réponses, le SP Raddhoa déclarait qu?il ne faisait pas partie de ceux qui avaient arrêté Rajesh Ramlogun. Ce jour-là, disait-il, il s?occupait d?autres affaires dont celle de Ritesh Beemaul, retrouvé égorgé à Triolet. Il a aussi déclaré n?avoir pas eu de contact direct avec Ramlogun et que personne ne l?avait informé que celui-ci avait été brutalisé. Il a concédé que Ramlogun avait été détenu sur ses instructions : il détenait des preuves contre lui.
Interrogé cinq heures durant
Le 24 janvier, le n° 2 de la MCIT a été cette fois interrogé pendant cinq heures. Il a expliqué son emploi du temps, depuis l?arrestation de Ramlogun jusqu?à sa détention à Alcatraz. Il a déclaré n?avoir pas été témoin d?actes de brutalités sur Ramlogun. Celui-ci était avec l?interview team composée du sergent Dishiraj Jagdawoo, du caporal Raffick Madarbux et des constables Kinsley Potié et Evans Levasseur tandis que, lui, était dans son bureau.
L?inspecteur Jokhoo a aussi dit qu?il s?était absenté pendant au moins une heure ce soir-là. Prem Raddhoa et lui-même s?étaient rendus à Lallmatie pour rencontrer les proches d?Indira et de Geeta Jhurry.
DISPOSITIONS LÉGALES
<B>Le dernier mot au DPP</B>
■ Selon le Code pénal, manslaughter implique l?intention de tuer mais sans préméditation. La peine maximale pour ce délit est de 20 ans de prison. Dans le cas des sept officiers de la MCIT, même si la police a recommandé des poursuites sous ce chef d?accusation, il appartient au DPP de statuer s?il y a matière à poursuites ou non, selon ce que prévoit la Constitution. Le DPP peut aussi maintenir ou réduire l?accusation de manslaughter . Si elle est maintenue, une enquête préliminaire doit être instituée en cour de district. Le magistrat qui la présidera décidera si l?affaire doit être déférée aux assises. Mais si le DPP décide de réduire l?accusation, par exemple en wounds and blows without intention to kill, le procès sera pris en cour intermédiaire. Dans ce cas, la peine maximale est de huit ans de prison.
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