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Des pêcheurs jugent ?aberrantes? les solutions pour la pêche sur les bancs
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Des pêcheurs jugent ?aberrantes? les solutions pour la pêche sur les bancs
L?industrie de la pêche sur les bancs est dans une mauvaise passe. Pour essayer de la sauver, plusieurs propositions ont été faites par Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie, lors d?une rencontre avec les opérateurs à la fin de la semaine dernière. Mais ces derniers qualifient les solutions d??aberrantes?.
Concernant l?approvisionnement en essence pour les moteurs hors-bord, le ministre Boolell a demandé aux opérateurs de se pencher sur la conversion de leurs moteurs afin de pouvoir utiliser le diesel.
Alain Langlois, secrétaire de la Bank Fishing Operators Association (BFOA), estime que c?est ?compliqué?. Les hors-bord ne pourront plus bientôt utiliser l?essence lors des campagnes de pêche. ?Cette conversion entraînera des dépenses supplémentaires pour les bateaux de pêche mauriciens alors que les bateaux de pêche battant pavillon malgache pourront continuer à être ravitaillés à Madagascar en essence s?ils ne le sont pas à Port Louis.?
Bateaux étrangers
Un certain nombre de bateaux de pêche mauriciens éprouvent des difficultés pour obtenir leur certificat de navigabilité après des autorités mauriciennes. C?est pour cela qu?ils ont choisi d?opérer sous le pavillon malgache.
Il a été proposé que les opérateurs privés recrutent chacun un superintendent pour vérifier l?état des bateaux avant qu?ils ne soient soumis aux surveyors . Et ce, dans le but de s?assurer que les normes de sécurité sont rigoureusement respectées par les propriétaires et pour que les bateaux ne soient pas renvoyés sans cesse pour des réparations supplémentaires.
?Cela augmentera nos coûts d?opération?, affirme Alain Langlois. Autre décision contestée par la BFOA : l?établissement d?un quota pour le poisson pêché sur les bancs et réservé à chaque opérateur. La BFOA trouve ?aberrante? cette facilité proposée aux bateaux de pêche opérant sur les bancs battant pavillon étranger. ?Avec ces facilités nous allons perdre le contrôle de la pêche sur les bancs. Deux de ces bateaux sont déjà venus décharger leurs prises à Port Louis.?
Du quota de 4 000 tonnes qui pourraient être ramenées des bancs, il y a 3 300 tonnes qui seront pêchées par les dix bateaux de pêche de grosse capacité. ?Or pour être rentable, il nous faut ramener en moyenne entre 300 et 500 tonnes par an pendant toute la campagne de pêche. Le nouveau système de quota viendra tuer l?industrie de la pêche sur les bancs, ajoute Alain Langlois, sans compter que ces bateaux étrangers n?ont pas les mêmes frais en termes de dépenses à encourir pour obtenir le certificat de navigabilité. Les bateaux qui battent pavillon malgache ont moins de frais à encourir si les travaux de réparation se font à Madagascar. Il n?y a pas de level-playing field.?
Alain Langlois a exprimé des craintes que des bateaux de pêche malgaches aillent décharger certaines cargaisons de poisson dans la Grande île et qu?ils viennent à Maurice avec une très petite cargaison alors que des facilités leur sont accordées pour leurs opérations.
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