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Des ONG ne veulent plus que Maurice soit première consommatrice de drogue
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Des ONG ne veulent plus que Maurice soit première consommatrice de drogue
?C?est triste, mais c?est aussi une réalité.? Un constat, qui trahit un certain fatalisme, de tous ceux engagés dans la lutte contre la drogue. En effet, Maurice est non seulement le premier pays d?Afrique en termes de consommation de drogue, mais elle occupe la troisième place mondiale, selon le rapport annuel du United Nations Office for Drug Control (UNODC) pour l?année 2005. Outre le fait d?affecter considérablement l?image du pays, ce classement peu enviable démontre, chiffres à l?appui, l?ampleur du problème de la toxicomanie.
Selon ce rapport, 2 % de la population âgée de 15 à 64 ans consommerait de la drogue. Ce pourcentage, qui s?est maintenu depuis 2003, est d?autant plus ?inquiétant? que dans les deuxième et troisième pays d?Afrique les plus touchés, seul 0,2 % de leur population est affecté. Il s?agit du Kenya et du Maroc, suivi de l?Egypte, avec 0,6%.
Devant l?ampleur du problème, les nombreuses organisations engagées dans la lutte antidrogue et dans la réhabilitation des toxicomanes n?ont pas tardé à réagir. Privilégiant le travail en réseau et le partage des informations, elles ont bien amélioré la situation sur le terrain. ?Travailler en collaboration avec d?autres partenaires nous permet d?avoir un meilleur impact. Nous pouvons diriger les toxicomanes vers les institutions adaptées à leur prise en charge,? affirme un travailleur social.
Lieu de transit entre l?Asie et l?Europe
Ally Lazer, un autre travailleur social, déplore lui le peu de moyens que le gouvernement met à la disposition des organisations qui luttent contre la prolifération de la drogue. ?C?est une situation qui n?a que trop duré. Si l?on veut vraiment affronter la toxicomanie à Maurice, il faut que les autorités prennent leurs responsabilités et se donnent les moyens,? déclare t-il.
Le Dr Fayzal Sulliman, coordinateur à la National Agency for treatment & Rehabilitation of Substance Abusers (NATReSA), explique que Maurice est plus particulièrement touchée par les drogues dures, comme l?héroïne, alors que dans d?autres pays d?Afrique, il s?agit de cannabis et d?autres club drugs, comme l?ecstasy.
Ce fort taux de toxicomanie, laisse entendre Fayzal Sulliman, pourrait s?expliquer par la situation géographique de Maurice qui est utilisée comme lieu de transit entre l?Asie et l?Europe. ?Ce n?est que récemment que quelques pays d?Afrique, tels que le Mozambique et le Kenya, ont été touchés par les drogues dures?, explique le coordinateur de la NATReSA.
Diverses organisations organisent des séminaires et autres ateliers de travail avec l?appui d?experts étrangers. Parmi ceux-ci, un consultant indien, Suresh Kumar, détaché auprès du UNODC, participe actuellement à un séminaire sur la réduction des risques liés à la consommation de drogues. Avant son départ, il remettra au gouvernement un advocacy paper.
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