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Des Mauriciens racontent les Seychelles

6 octobre 2006, 00:00

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L?express d?hier matin nous révèle que le couple Pertab, aussi bien conjugal que juridique, se retrouve quelque peu, mais bien malgré lui, mêlé à la manifestation antigouvernementale et pro-liberté de presse aux Seychelles. Kishore, l?époux, le candidat malheureux de l?alliance MMM-MSM à Souillac-Rivière des Anguilles, le 3 juillet 2005, est également conseil légal du gouvernement du président James Michel. Il a été dans le temps chef du personnel du groupe La Sentinelle Ltée, après avoir brillamment dirigé le centre Loïs-Lagesse, de la rue Colonel-Maingard, Beau-Bassin, à usage des aveugles et malvoyants.

Lovana, l?épouse, également juriste et avocate, occupe présentement des fonctions de magistrate aux Seychelles, après avoir été pendant plusieurs années au service de notre parquet. Elle pourrait être amenée à juger ceux que la police seychelloise accuse d?avoir manifesté illégalement en faveur de la liberté de presse dans cet archipel.

L?express nous apprend que Me Pertab a conseillé au gouvernement seychellois de ne pas accorder au principal parti d?opposition un permis d?opérer un studio de radiodiffusion, car à Maurice, comme dans notre région indocéanique, Afrique du Sud comprise, la tendance est de ne pas accorder de licence de radio aux partis politiques, comme aux communautés religieuses. On se demande bien pourquoi.

L?on ne sait si, en l?occurrence, Me Pertab exprime son opinion personnelle ou s?il se contente de rappeler, sans pour autant l?approuver, une conduite gouvernementale ayant cours dans notre région, comme à Maurice. Son conseil a peut-être même ravi les présents locataires de notre hôtel du gouvernement, et plus particulièrement ceux qui pensent et allèguent que les journalistes de Maurice sont encore moins recommandables et crédibles que les prostituées, arpentant entre autres notre jardin de la Compagnie, sous prétexte qu?ils revendiqueraient toujours plus de liberté sans vouloir assumer les responsabilités de celle-ci.

Nous avons toutefois le droit, même sans partager totalement le point de vue des amis politiques seychellois de Wavel Ramkelawon, de soutenir que nos gouvernants politiciens, et plus particulièrement ceux déjà condamnés pour diffamation, sont mal placés pour préjuger des mauvaises intentions d?un parti politique d?opposition ou d?une communauté religieuse en matière de droit d?expression. Ils sont d?autant plus mal placés que nous les savons, usant et abusant quotidiennement et sans retenue aucune de leur monopole en matière de télévision ou de radiodiffusion. Ils ne resteront pas éternellement au pouvoir et doivent avoir la sagesse de légiférer aussi en prévision de leur retour dans nos caro cannes si hospitaliers.

Soit on est pour la Liberté, entre autre de la presse et d?expression, soit on se méfie d?elle comme de la peste. Dans ce cas, on cherche à la museler ou l?on approuve les nostalgiques d?une presse muselée, sans dents, se contentant d?encenser les princes qui nous gouvernent. Face à ces timorés et autres frileux, nous sommes en droit et nous avons même le devoir de proclamer notre totale adhésion à la mise en place d?une politique, favorisant la pratique la plus libre possible du droit universel d?expression et d?information. Ce serait, alors, la porte ouverte à toutes les licences, pleurnicheront les inévitables esprits chagrins et autres froussards. Liberté de presse et d?expression va de pair avec les responsabilités inhérentes à ces droits. Elle se soumet volontiers à tout système de régulation, qu?elle craint d?autant moins qu?elle se sait irréprochable. Elle ne répètera surtout pas l?erreur de trop de politiciens de préjuger malveillamment du système de régulation qu?on veut lui imposer au nom de la sécurité du citoyen et de la paix publique. Si la régulation faillit à sa mission, c?est son problème mais pas celui de la Liberté de pensée et d?expression. Que risquent le citoyen et l?ordre public en laissant le champ le plus libre à la liberté d?expression comme à ses serviteurs ? Rien ou presque. Ils jouissent d?une totale liberté. Commettent-ils un toujours possible abus, les victimes de celui-ci peuvent saisir le régulateur du délit allégué. Ce dernier entend sur le champ les parties concernées et fait connaître son verdict et, au besoin, exige réparation adéquate. En cas de récidive notoire, l?opérateur court le risque de perdre temporairement ou pour de bon son statut et son permis de servir la liberté de la presse et d?expression. Si le régulateur se trompe, l?histoire le jugera, un jour, et pour de bon. Le méchant dans l?affaire sera un jour ou l?autre reconnu comme tel.

Tout cela pour rappeler qu?en septembre-octobre 1981, Kewal et Rani Gujadhur, rentrent également des Seychelles, satisfaits des conditions de travail et de séjour qui ont été les leurs dans l?archipel du président-putschiste, France-Albert René. Kewal, juriste comme Kishore, y a exercé comme avocat, employé d?un des deux cabinets juridiques d?Etat, devant défendre les intérêts de la population seychelloise. Les avocats de la clientèle privée ont pratiquement disparu aux Seychelles. L?avocat d?Etat ou presque y doit aussi faire ?uvre d?avoué et de notaire. Il y a une Cour suprême avec un chef juge originaire des Bermudes, une cour d?appel avec, entre autres, deux juges mauriciens (Mes Lalouette et Lavoipierre), et plusieurs magistrats généralement anglais. Me Gujadhur souhaite la mise en place à Maurice des Law Centres en vigueur aux Seychelles.

Rani Gujadhur opère comme Medical Record Officer aux Seychelles où la médecine privée n?existe plus. Santé donc égale pour tous. Elle n?est plus à vendre ni ne se marchande. Une bonne chose, à l?en croire. Mais les cancéreux sont référés à Maurice. La coopération entre médecins et infirmiers y est exemplaire. Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

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