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Des matches dans le match

23 juin 2004, 20:00

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Le choc explosif entre l’Angleterre et le Portugal offrira plusieurs oppositions de marque ce soir. Scolari contre Eriksson. Figo contre Beckham. Ronaldo contre Rooney.

Le premier quart de finale du tournoi s’annonce comme un combat indécis entre deux formations au style différent mais au potentiel assez proche. Les deux équipes entretiennent l’espoir de devenir championne d’Europe avec à leur tête un sélectionneur étranger, ce qui n’est encore jamais arrivé dans l’histoire de la compétition.

Le Suédois Sven-Goran Eriksson a apporté son sang-froid et ses qualités de tacticien au jeu anglais, traditionnellement basé sur la puissance physique. De son côté, le Brésilien Luiz Felipe Scolari a ajouté passion et relief aux qualités techniques portugaises.

Ce soir, Eriksson aura une revanche à prendre. Il y a deux ans au Japon, dans un autre quart de finale, le Brésil de Scolari avait brisé le cœur d’Albion avec une victoire 2-1 sur l’Angleterre. Les Brésiliens avaient ensuite conquis un cinquième titre de champion du monde.

“Il était sur l’autre banc”, a déclaré Eriksson. “Cependant, je ne pense pas que ça aura de conséquences. J’aime beaucoup Scolari. C’est vraiment quelqu’un de bien, et bien entendu un très bon entraîneur.”

<B>Talent et honneur</B>

L’Angleterre a une autre raison de vouloir se venger du Portugal. Pendant l’Euro 2000, les deux équipes s’étaient affrontées. L’Angleterre avait mené 2-0 avant de s’incliner finalement 3-2, terrassée par un Luis Figo des grands soirs, sonneur de la charge de la révolte avec un but exceptionnel.

Désormais, David Beckham et Figo sont coéquipiers au Real Madrid. Mais le duel entre deux des plus talentueux milieux de terrain de leur génération devrait néanmoins constituer l’un des temps forts de la partie.

“C’est un grand honneur de jouer ce match contre Luis, et j’espère que nous serons à notre meilleur niveau”, a déclaré Beckham.

La presse britannique est devenue folle devant les performances de son attaquant de 18 ans Wayne Rooney, dont les quatre buts ont même conduit Eriksson, d’habitude mesuré dans ses jugements, à le comparer à Pelé ! Les gros titres des journaux après ses deux buts marqués lundi lors de la victoire anglaise sur la Croatie (4-2) ont fait dans l’hyperbole.

“Heroo !”, a lancé le Mirror. “Inspiré, intouchable ... est-il imbattable ?” s’est interrogé le Times.

La presse portugaise a été moins démonstrative mais tout aussi élogieuse à l’égard de Cristiano Ronaldo, 19 ans.

Sur son aile, le jeune homme, qui a rejoint Manchester United la saison dernière, a fait merveille lors des trois premiers matches du Portugal et gagné un nouveau surnom après avoir tourmenté pendant 90 minutes la défense espagnole : “le décapsuleur”. C’est son coéquipier des “Reds”, Gary Neville, qui sera chargé de le surveiller de près.

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