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Des médecins spécialistes qui manquent à l?appel?
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Des médecins spécialistes qui manquent à l?appel?
Le pays souffre d?un manque aigu de certains spécialistes dans les hôpitaux comme dans le privé. Si pour certaines filières, la tendance est mondiale (comme pour la cardiologie et la neurologie), il n?en demeure pas moins qu?à Maurice, la situation est plus critique.
Le pays se retrouve avec trois chirurgiens en cardiologie alors que la liste pour les interventions augmente chaque jour. Il n?a que trois neurochirurgiens, n?avait pas de neurologue jusqu?à tout récemment (un spécialiste de Chine vient tout juste de démarrer son service), un nombre insuffisant d?ophtalmologues et d?anesthésistes.
<B>Tendance mondiale</B>
Entre-temps, les autorités essaient de pallier avec les étrangers ou les Mauriciens ayant une expertise dans le domaine à l?étranger.
Ce qui a amené le ministère de la Santé à signer un accord avec l?université de Bordeaux, en France, en vue de former des médecins dans certaines spécialités. «Comme nous l?avons fait précédemment avec la cardiologie, le Mauritius Institute of Health (MIH) sera appelé à commencer des formations spécialisées avec des médecins généralistes. Il est question que, par la suite, ces derniers terminent leur formation à Bordeaux», explique le ministre de la Santé, Satish Faugoo.
Quelques spécialisations notamment, en ophtalmologie et anesthésie, seront offertes aux médecins ; les spécialistes manquent dans ces deux filières. Des cours au MIH devront débuter cette année.
Le SSR Medical College de Belle-Rive a aussi opté pour des spécialisations après les études de médecine générale. Il a eu le feu vert des autorités et du conseil de l?ordre des médecins. Le dossier a récemment eu l?aval du Conseil des ministres.
Il proposera des cours en ophtalmologie, en ENT (oreilles, nez et gorge), notamment, aux médecins pratiquants. Les médecins appelés à enseigner recevront au choix des spécialisations en anatomie, en physiologie.
S?il y a un domaine qui nécessite davantage de spécialistes, c?est la cardiologie. Le pays compte seulement trois chirurgiens en cardiologie et une dizaine de cardiologues. « Cette pénurie de spécialistes dans ce domaine est une tendance mondiale. Une formation pratique est exigée, mais l?accessibilité à ces formations est bien plus difficile dans les départements de cardiologie des hôpitaux», soutient le cardiologue Cassam Hingun.
<B>Centralisation</B>
Suivant des accords avec Bordeaux, six cardiologues rentrent en février prochain. Un autre rentre de ses études de Chine, toujours au début de l?an prochain. «Compte tenu du nombre de diabétiques que nous avons et, par conséquent, le nombre de personnes atteintes de maladies cardiaques, le nombre de professionnels est insuffisant. D?où le fait que, jusqu?ici dans deux grands hôpitaux, à Rose-Belle et à Flacq, nous n?avons pu proposer ces services», précise Satish Faugoo.
Le tir a été rectifié avec la décision d?offrir bientôt des services de consultation et d?examen dans ces deux hôpitaux. Mais le projet pour admettre des patients cardiaques dans ces établissements a buté car les médecins pour les services de nuit manquent.
La situation est difficile également pour les départements de neurochirurgie des hôpitaux. Il fonctionne avec trois neurochirurgiens à l?hôpital Victoria et deux d?origine étrangère à l?hôpital du Nord. En revanche, il n?y avait pas de neurologue jusqu?à tout récemment. Celui qui travaillait dans les hôpitaux depuis plusieurs années a délaissé Maurice pour Singapour.
Un Mauricien neurologue travaillant en Chine va apporter son soutien à Candos. C?est d?ailleurs probablement à cet hôpital que la centralisation du département de neurochirurgie prévue par le ministère de la Santé devra se faire.
Un des spécialistes dans ce domaine s?insurge : «Comment voulez-vous qu?on fonctionne sans des spécialistes ? Depuis plus d?une quinzaine d?années, il fallait bouger avec ces départements mais les différents gouvernements n?ont rien fait pour faire accélérer les choses. Le manque de spécialistes n?est qu?un aspect du problème.»
Le même problème se pose pour la neurologie à l?étranger. «Par exemple, à Leeds, en Grande-Bretagne, un seul hôpital a un département dans ce domaine. Donc, l?offre est très restreinte et la compétition pour avoir une place est très féroce. Le problème est similaire dans d?autres pays», fait remarquer un spécialiste.
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