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Des individus s?amusent à piquer des passants
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Des individus s?amusent à piquer des passants
Trois personnes se sont fait piquer par un objet pointu durant ces dernières semaines. La dernière en date est une adolescente. Outre le risque réel d?une contamination au VIH/sida et le traumatisme que l?attente du résultat de la prise de sang engendre, ce comportement pervers renforce la stigmatisation envers les personnes séropositives.
Le premier cas rapporté auprès du Centre Bouloux de Cassis concerne une jeune femme qui s?est fait piquer à Quatre-Bornes. Un homme de 18 ans a aussi vécu cette mauvaise expérience à Beau-Bassin. Le dernier cas a eu lieu mardi à la rue Farquhar, Port-Louis. Une adolescente de 13 ans marchait le long de cette rue en compagnie de deux amies quand, passant devant un jeune homme, elle a senti une douleur aiguë comme celle provoquée par une piqûre, à son bras gauche. Saisie, elle a levé la tête pour dévisager son agresseur.
Le jeune homme en question, tout sourire, lui aurait dit : ?Fi, enn kod sa !? Ayant entendu parler de la rumeur selon laquelle des personnes séropositives s?amusent à contaminer des gens en les piquant au bras, l?adolescente a paniqué et a averti ses parents. Ensemble, ils ont donné une déposition à la police avant qu?elle ne retourne à la rue Farquhar pour tenter de retrouver son agresseur. Celui-ci était encore sur place et elle l?a positivement identifié.
Il s?agit d?un adolescent de 16 ans qui travaille comme marchand ambulant. Il a été interpellé à des fins d?interrogatoire et relâché par la suite. Mais pour l?adolescente et ses parents, c?est le début du calvaire. A l?hôpital Jeetoo, les deux médecins qui ont ausculté l?adolescente lui ont fait une prise de sang et une piqûre antitétanique. Un traitement prophylactique à la contamination au VIH/sida lui a également été fourni. Il s?agit d?antirétroviraux à prendre pendant un mois. Hier matin au Centre Bouloux, une nouvelle prise de sang lui a été faite. Aujourd?hui, la jeune fille vit avec une double peur au ventre : celle d?être éventuellement contaminée au VIH/sida et celle de sortir seule.
En décembre dernier, Prévention, Information et Lutte contre le Sida (Pils) émettait un communiqué pour démentir qu?il y avait des personnes séropositives contaminant d?autres en les piquant avec des seringues infectées. L?organisation y expliquait aussi qu?à part le partage de seringues lors de prise de drogue par voie intraveineuse et les rapports sexuels non protégés, les risques d?exposition au VIH/sida sont minimes. Ils sont de trois risques sur 1 000 pour une piqûre cutanée et de trois risques sur 10 000 pour projection de sang contaminé sur une écorchure.
Entre-temps, il y a eu ces trois cas. Aujourd?hui, Dhiren Moher, président de cette organisation non gouvernementale, est obligé de reconnaître qu?il faut prendre la chose au sérieux. Il condamne sévèrement ce comportement de personnes qui s?amusent à piquer d?autres et leur faire croire qu?elles sont contaminées au VIH/sida. ?Ce comportement est irresponsable, inacceptable et hautement condamnable. Et il est extrêmement traumatisant pour celui ou celle qui le subit. Le pire est que, ne sachant pas si la piqûre est une seringue véhiculant effectivement du sang contaminé ou s?il s?agit d?une plaisanterie de mauvais goût, la personne piquée n?a pas d?autre choix que de prendre des antirétroviraux qui ont des effets secondaires tels que la diarrhée, des maux de ventre ou de tête.?
De plus, ajoute le président de Pils, ce comportement irresponsable aggrave la stigmatisation à l?égard des personnes séropositives. ?Les personnes séropositives subissent déjà la discrimination et ce comportement horrible ne fait que l?aggraver.?
Pour le Dr Deven Poonoosamy, Community Physician au Centre Bouloux, le cas de cette adolescente piquée mardi est un cas de trop. ?Il est grand temps de prendre cela au sérieux.? C?est après voir écouté l?historique de la personne piquée que le Dr Poonoosamy décide du traitement. ?Nous faisons une prise de sang pour connaître le statut sérologique de la personne à son arrivée chez nous. Si le risque de contamination est élevé ? l?objet pointu peut être une seringue contaminée ? nous prescrivons des antirétroviraux. Une autre prise de sang s?effectuera dans trois semaines pour voir s?il y a eu contamination effective ou non. En attendant, la personne vit un enfer. Comme je l?ai dit, il est grand temps de prendre cela au sérieux. Je ferai d?ailleurs un rapport en ce sens au ministère de la Santé.?
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