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Des imprudents défient l?eau et la police

17 septembre 2008, 20:00

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«Non, c?est non, c?est pour votre sécurité et celle des passagers...» Un ton sans réplique qui va de pair avec la tenue militaire. C?est ainsi qu?aux abords de la route de Macondé, des policiers de la Special Mobile Force (SMF), sous une pluie battante, accueillent les automobilistes tentés d?utiliser le radier inondé, comme c?est le cas à chaque grosse averse.

Mais hier, ils semblaient avoir fort à faire, face aux imprudents résolus de se rendre de l?autre côté, persuadés qu?ils n?encouraient aucun risque. Ainsi, des propriétaires d?autobus, pour éviter le détour via Chamarel, ont essayé d?affronter les flots mais sans succès.

Ainsi, Aki Tong Kee Chong, livreur qui devait se rendre de l?autre côté, a attendu depuis midi au bord de la route, que le niveau d?eau baisse. «Je vais attendre encore quelque temps, puis s?il n?y a pas d?amélioration je vais rentrer».

A Tamarin, pour certains, la marée montante est un spectacle à ne rater pour rien au monde. Aux alentours de midi, Patrick Jérôme, laboureur, assis dans le kiosque de la plage publique, a les yeux rivés sur la mer qui commence à gonfler rapidement. «Mo pa finne al dan caro akoz letan... mo res pre kot lamer et mo finne anvi vinne get sa spektak la.» A ses risques et périls. Dans la mer, trois jeunes essaient d?accrocher un gros rocher à une pirogue qui n?a pu être hissée sur la terre ferme.

Quant aux touristes qui logent dans les hôtels de la côte ouest, ils profitent pour faire du shopping alors que d?autres, en couple sous un parapluie, font des balades.

<B>«Nu viv mem calvaire depi 15 ans»</B>

Les véhicules empruntant la route de Case-Noyale ont dû faire preuve de prudence. Car le pont nouvellement construit était sous les eaux. Ce qui a rendu la traversée encore plus risquée pour les petites voitures.

Un peu plus loin, à Cotteau-Raffin, de nombreuses cours sont inondées. Chez Rita Baboo, le niveau d?eau ne cesse de monter. Anxieuse, elle fait plusieurs fois le tour de sa maison, encore sous le choc des inondations du 26 mars. «Les pluies torrentielles de mars dernier ont envahi une des chambres de ma maison. Cet état de choses dure depuis longtemps, on en a fait part aux autorités concernées, aux conseillers de l?endroit mais jusqu?ici rien n?a été fait.»

Mando Dhondee tient le même langage : «Ce ki ou pe trouve la, tigit ca, depi 15 ans, nu viv même calvaire chaque fois gro la pli. Ca problem la , tou deputé l?endroit et ban conseillés au courant. Solution simple, juste construire drain et la situation ine reglé.

Au Morne, un des départements de l?Environnement vient d?appeler le conseiller de la localité. La source de leur inquiétude : les deux ponts se trouvant sur la route Royale. Tous deux sont inondés et si la pluie persiste, ils seront impraticables. «Les autorités concernées sont très conscientes du danger que représente le manque de drains sur cette route, cela fait des lustres qu?on a demandé de faire construire des drains », explique Mando Dhondee.

En bordure de route, à Case-Noyale, les propriétaires des maisonnettes en tôle n?ont pas tardé à aller se mettre à l?abri, ailleurs.

A l?approche de la nuit, sans doute n?ont-ils pas voulu prendre de trop gros risques...

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