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?Des idées au service du pays?

15 février 2007, 00:00

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De nombreux citoyens et citoyennes de Maurice souhaitent vivement que leur pays progresse, et assure à sa population un avenir meilleur, plein d?opportunités pour eux et leurs enfants.

En principe, le système démocratique en vigueur à Maurice depuis l?Indépendance donne l?opportunité a chacun, quels que soient son sexe, ses origines ethniques et son niveau d?éducation, de choisir ses représentants au Parlement. Ces représentants ont la mission de veiller au bien-être de tous, sans discrimination aucune, et, régulièrement, à travers des lois, d?adapter notre pays aux changements du monde qui nous entoure.

Malheureusement, beaucoup de Mauriciens et de Mauriciennes sont insatisfaits devant les difficultés que rencontre le pays, dans son adaptation à un monde qui change. La réponse naturelle, dans un état démocratique, est d?élire d?autres représentants au Parlement à l?occasion d?élections et, donc, de s?assurer que ceux qui dirigent le pays sont bien ceux qui en sont le plus capables.

Quand on observe la situation politique à Maurice, on est frappé de constater que les formes de la vie démocratique sont respectées. La liberté d?expression est quasiment illimitée, aussi bien à l?extérieur qu?à l?intérieur du Parlement.

Ce qui manque finalement, c?est le fond. C?est-à-dire, le contenu des déclarations et des projets des uns et des autres. Nous réélisons depuis longtemps les mêmes personnes et nous avons un sentiment d?impuissance devant la montagne de défis à relever et l?incapacité de beaucoup de nos élus à le faire.

A partir de cette constatation, on pourrait être quelque peu découragé? Ce découragement n?est cependant pas la solution. En effet, ce qui nous frappe tous, c?est la pauvreté du débat démocratique à Maurice. Chaque Mauricien est très attaché à son pays et, de ce point de vue, chaque Mauricien est politique dans le sens noble du terme.

Mais où se trouve le débat aujourd?hui ? Nous observons plutôt de temps en temps des déclarations individuelles sur un sujet d?intérêt général. Mais ces déclarations ne font pas l?objet de débats. Elles ne sont pas immédiatement critiquées, questionnées, réfutées. Une autre déclaration suivra plus tard pour défendre un point de vue différent et, là encore, aucune confrontation d?idées.

Dans le débat politique, c?est la même chose. Cette situation est un très gros handicap pour le progrès de la démocratie et du pays en général. Les citoyens ne savent pas pour quel programme de société ils sont appelés à voter. Les candidats n?ont pas de programme élaboré et cherchent à rassembler des sympathisants sur des critères différents et qui sont souvent ethniques, bien que dans leurs discours ils affirment le contraire. Les débats finalement se réduisent malheureusement souvent à des querelles de personnes et cela contribue à dévaloriser le monde politique. C?est vraiment triste de penser que nos élus, en qui nous devrions mettre toute notre confiance, sont maintenant la plupart du temps mal considérés par la population.

Nous sommes passionnés par l?avenir de nos enfants à Maurice et nous voudrions aider à rétablir à Maurice une culture du débat et qu?il reprenne sa place non seulement dans la sphère politique, mais aussi dans la société civile. Nous avons trop longtemps évité le débat car, devant l?absence de projets politiques clairs, nous avons, chacun à notre niveau, abandonné la partie en nous disant qu?il valait mieux ne rien dire et nous débrouiller, chacun de notre côté, pour défendre notre intérêt individuel en essayant de ménager les puissants afin qu?ils puissent nous être utiles un jour.

Nous rencontrons assez souvent des compatriotes qui auraient beaucoup de choses à dire ou à proposer pour le bien de tous, mais qui se taisent par crainte de subir des conséquences négatives politiques, économiques ou sociales. Par cette attitude, ils ne se rendent pas compte qu?ils contribuent à renforcer les problèmes au lieu de contribuer à leur solution

Faisons appel à l?intelligence du Mauricien en lui fournissant des éléments d?information dont il est privé et qui pourraient l?aider à porter un jugement éclairé sur les sujets qui le concernent. Cela doit aller de pair avec le rassemblement des Mauriciens autour des notions qu?ils partagent plutôt que celles qui divisent. Il nous faut rejeter avec la plus grande énergie toutes ces insultes à l?humanité que sont le racisme, le communalisme et le castéisme. Il n?y a pas de différences entre nous tous.

Nous avons tout à gagner individuellement et collectivement à dire clairement ce que nous pensons, ce que nous voulons, sans aucune crainte, car c?est un droit fondamental dans toute démocratie. C?est le seul moyen de progresser car comment progresser si on ne met pas sur la table, en toute transparence, les problèmes auxquels nous sommes inévitablement confrontés ?

Nous ne connaissons qu?un seul peuple mauricien et nous sommes confiants en ses capacités de reprendre son destin en main.

Les commentaires ci-dessus émanent d?un groupe de réflexion et d?action qui a décidé d?intervenir régulièrement dans le débat public pour faire progresser les idées au service du pays. Ce groupe, totalement apolitique, porte le nom d?AGORA et est animé par : Urmila Boolell, Arif Currimjee, Jacques de Navacelle, Eric Ng Ping Cheun.

Le groupe AGORA

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