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Des escrocs à l??uvre
L?herbe serait-elle plus verte ailleurs ? Beaucoup de nos compatriotes le pensent et s?efforcent de vouloir y goûter. Reena (prénom modifié), la trentaine, en sait quelque chose. En 2007, elle est contactée par un « agent » qui lui promet monts et merveilles pour lui procurer un visa de travail pour l?Angleterre. Éblouie par la possibilité d?être payée en livre sterlings et de vivre dans la ville de Birmingham, Reena effectue un premier versement de Rs 50 000.
En avril 2007, son agent sollicite une somme additionnelle de Rs 50 000.
Et puis, silence radio. L?agent avait extorqué Rs 100 000 et laissé à l?abandon les projets d?avenir de Reena. Celle-ci espère encore retrouver l?escroc en question et qu?un jour, justice lui sera rendue.
Jugez-en de l?expérience de cet autre Mauricien. Voulant travailler en Nouvelle-Zélande, il sollicite l?aide d?un « agent en immigration » qui lui propose de passer une interview d?embauche par vidéoconférence avec un employeur néo-zélandais. Ayant versé une coquette somme à son agent, notre homme a passé son « interview ». Mais ce n?est que quelque temps après qu?il a compris le manège dont il a été victime. « Au fait, je me suis rendu compte que c?était une fausse interview et que le présumé Néo-Zélandais en question qui m?avait interviewé par vidéo se trouvait dans une autre chambre dans l?immeuble où l?entretien avait lieu. J?ai eu affaire à des agents sans scrupule qui sont en train de détruire la vie des gens », raconte notre interlocuteur.
Mais à bien y voir, il s?agit de véritables réseaux de trafiquants dans lesquels nos compatriotes se font piéger. Et il y a même pire. Il existe des cas où certains, une fois arrivés dans leur nouveau pays d?accueil, ont vécu un véritable calvaire. Par exemple, ce jeune homme qui, fraîchement débarqué à Londres, s?est fait expulser quelque temps après. Mais entre-temps à Londres, il a été contacté par « un ami de son agent » qui lui demandé une importante somme en échange des services d?un avocat pour assurer sa défense.
Ou encore l?expérience de ce couple qui occupait des responsabilités dans la fonction publique et qui a hypothéqué sa maison et investi toutes ses économies pour s?installer en Angleterre. Une fois sur place, contre toute attente, le bureau de l?immigration à Londres leur remettait un visa de touristes et peu de temps après, ils étaient contraints à travailler au noir, afin de pourvoir à leurs besoins quotidiens.
« Les gens ne réalisent peut-être pas ce que cela fait de se retrouver en situation d?illégalité. Quand on est clandestin, on vit constamment dans la peur de se faire arrêter. Le pire, c?est que nous avons été bernés par nos interlocuteurs mauriciens qui nous avaient assuré qu?on aurait la possibilité de travailler et d?être en situation régulière », soutient ce retraité de la fonction publique.
« Pas de cadre légal à Maurice »</B>
Il est donc devenu urgent de tirer la sonnette d?alarme. « Les pays comme le Canada et l?Australie ont besoin de ressources humaines et font face à une population vieillissante. Devant cette situation, les Mauriciens ont des opportunités d?immigration. Cependant, ces derniers entretiennent des grands espoirs qui sont irréalistes », constate Celva Runghen, avocat et consultant en immigration.
José Moirt, également avocat et consultant en immigration, prévient : « Il n?y a pas de cadre légal à Maurice concernant l?immigration, ou encore l?émigration. Il faut une loi qui vienne contrôler ceux qui viennent ici et ceux qui partent ailleurs », soutient-il.
Selon lui, l?avantage d?un nouvel encadrement légal c?est que Maurice sera perçue par les pays d?accueil comme une juridiction réglementée. « En l?absence de ce cadre, il y a des soupçons que les gens sont en train de frauder avec de faux papiers », souligne José Moirt.
À l?heure de la mondialisation, Maurice doit définir une politique claire et bien articulée en matière de migration. Alors que le pays ouvre son économie à l?international en accueillant des professionnels de l?Ouganda pour ses centres de Business Process Outsourcing et des financiers de l?Europe pour ses centres d?offshore, la mobilité professionnelle des Mauriciens doit également être encouragée. On ne les empêchera pas de vouloir aller voir ailleurs. Or, en l?absence de cadre légal, beaucoup racontent leurs expériences éprouvantes et les arnaques dont ils ont été victimes. Espérons que le bureau de l?Attorney General ne restera pas impassible devant le calvaire de nos migrants et le trafic des escrocs?
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