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Des enfant victimes d?esclavage en Inde

3 novembre 2007, 00:00

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Il y a quelques jours, l?hebdomadaire britannique The Observer rapportait que le groupe américain Gap employait des enfants dans un atelier en Inde pour fabriquer des vêtements de la gamme Gap Kid. Suite à ces révélations, Gap a indiqué qu?il allait retirer les vêtements incriminés du commerce et ouvrir une enquête interne.

Les enfants, dont les plus jeunes ont à peine dix ans, travaillaient pour un sous-traitant de Gap dans un atelier du quartier de Shahpur Jat à New Delhi. Ils ont dit avoir fait de longues heures sans jamais être payés, tout en recevant des coups et des menaces. L?un d?eux, Amitosh, un enfant de dix ans qui travaillait depuis plusieurs mois dans cet atelier, a raconté au journal : «On m?a dit que je devais rembourser la somme que le propriétaire a déboursée pour moi pour que je puisse rentrer à la maison, mais je ne suis pas payé».

The Observer décrit aussi le dur labeur imposé aux enfants. Des journées de travail de 15 heures, sans rémunération ou presque. Ceux arrivés il y a trois ans touchent 25 euros (environ Rs 1, 125) par mois. «Le contremaître m?a expliqué que, comme j?étais en apprentissage, je n?étais pas payé», témoigne l?un d?eux. Un autre fait le récit des violences dont ils sont victimes. «Si l?un d?entre nous pleurait, ils lui tapaient dessus avec un tuyau de caoutchouc. Certains étaient punis avec des chiffons graisseux enfoncés dans la bouche.»

Mais Gap savait-il ce qui se passait chez son sous-traitant indien ? La marque américaine affirme évidemment que non. Et sans chercher à la dédouaner, on peut penser qu?elle dit vrai. Les enfants esclaves découverts par l?enquête de l?hebdomadaire britannique travaillaient en effet dans l?atelier d?un sous-traitant, dont le leader du vêtement en Amérique ne connaissait peut-être même pas l?existence.

<B>Apprendre un métier</B>

L?explication est pourtant simple : le fournisseur chargé de cette commande destinée à Gap Kids avait lui-même sous-traité une partie de la production dans un autre atelier. Un sweatshop invisible, donc, puisque les représentants de Gap ne visitent que les fournisseurs avec lesquels l?entreprise traite directement. «Le travail manuel est systématiquement sous-traité à l?extérieur des usines qui négocient directement avec le client, explique ainsi un agent textile chargé de suivre les productions indiennes de grosses marques occidentales. Ce travail demande beaucoup de place et de main-d??uvre. C?est impossible de le faire dans l?usine.»

Malgré les efforts des autorités indiennes qui, en partenariat avec les organisations non gouvernementales locales, multiplient les opérations de «sauvetage» d?enfants dans les ateliers textiles ces derniers prennent de l?essor. Les enfants sont recrutés par des intermédiaires qui sillonnent les villages pauvres des Etats de l?est du pays, pour convaincre les familles d?envoyer les leurs apprendre un métier.

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