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Des déchets en forme d?obus de campagne

8 novembre 2003, 20:00

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Il n?y a rien de plus percutant pour un harangueur dans le camp de l?opposition que de triturer les dépenses effectuées par un organisme public. La démarche est encore plus payante, si elle a lieu à quelques semaines d?un scrutin.

Ainsi, l?alliance sociale qui conteste le siège actuellement vacant dans la circonscription de Piton-Rivière-du-Rempart ne se gêne pas pour faire feu de tout bois. C?est donc avec appétit que Navin Ramgoolam, le leader de l?opposition, a tenté, par sa Private Notice Question (PNQ), d?extirper le plus de renseignements possibles au ministre Joe Lesjongard sur le réaménagement du contrat de gestion du centre d?enfouissement de Mare-Chicose.

Il a fait de son mieux pour transformer en quelque sorte les déchets en obus afin d?alimenter la campagne électorale.

L?exercice n?était pas inutile, puisqu?il a obligé le ministre de l?Administration locale à révéler des chiffres qui n?ont pas cessé d?augmenter au fil des années et des mois. C?est ainsi qu?il nous a appris que le contrat initial accordé en 2000-2001 à Stam Ltée, qui s?élevait à Rs 64,4 millions, est passé deux ans plus tard à plus de Rs 102 millions et que plus de Rs 3 750 550 ont été déboursées en deux semaines. Le ministre de l?Administration locale a précisé aussi que les offresdéposées par trois soumissionnaires pour la gestion de Mare-Chicose durant les trois prochaines années varient de Rs 1,1 milliard à Rs 1,5 milliard.

L?opposition, par la voix du député Arvin Boolell, a également fait des commentaires défavorables sur les contacts « réguliers » qui existaient entre un des conseillers du ministre et le représentant local de la firme qui a décroché le contrat initial, et qui est toujours dans la course. Des contacts que Joe Lesjongard a qualifiés de strictement professionnels.

Le ministre s?est défendu tant bien que mal. Il a répété à plusieurs reprises que son ministère avait toujours sollicité et obtenu l?aval du Central Tender Board (CTB) pour les moindres modifications. Il a aussi annoncé son intention de déposer à la bibliothèque de l?Assemblée nationale les différentes correspondances échangées entre le ministère et le CTB. Ingénieur de formation, il a profité de ses connaissances professionnelles pour justifier les différentes modifications apportées au contrat initial qui font que les coûts ont augmenté. Il a surtout insisté sur les mauvaises prévisions des concepteurs du projet. La station qui devait accueillir 400 tonnes de déchets par jour et durer 17 ans, en reçoit un millier de tonnes et ne durera que 9 ans. « We did not want to make the same mistakes. »

Mais campagne électorale oblige, l?opposition n?a que faire des explications techniques et ne voit que l?argent dépensé. Si bien que Madun Dulloo n?a pu s?empêcher de clamer que « gold is coming out of it ».

Il n?a cependant pas précisé si c?était de l?or pour les prestataires ou pour les orateurs de l?opposition qui s?époumonent chaque soir à Piton-Rivière-du-Rempart.

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