Publicité
Des Chinoises assassinées pour accompagner les célibataires au ciel
Par
Partager cet article
Des Chinoises assassinées pour accompagner les célibataires au ciel
Monstre froid, tueur en série d’un absolu cynisme, l’assassin Song Tiantang vient de donner en prison un hallucinant entretien publié, en début de semaine, par le quotidien populaire Les Nouvelles de Pékin.
Cet agriculteur de la province du Hebei (autour de Pékin) avait été arrêté le 12 avril après avoir tué six femmes, dont deux handicapées mentales. Son intention était de revendre leurs cadavres en profitant d’une antique tradition chinoise qui pousse encore un certain nombre de paysans à enterrer, aux côtés de parents célibataires ou divorcés, des “compagnes” d’outre-tombe destinées à les suivre dans l’au-delà...
L’homme, dont le nom n’est pas sans ironie dans le contexte puisqu’il peut, en jouant sur les mots, se traduire par “envoyer au paradis”, a expliqué qu’il choisissait des femmes étrangères à sa province “parce qu’elles laissent moins de traces, vu que personne ne les connaît”.Song Tiantang a ensuite raconté avoir commencé sa sinistre carrière de trafiquants de cadavres en déterrant des corps, la nuit, dans les cimetières. A la fin des années 1990, il fut même condamné à deux ans de prison pour s’être livré à de pareils forfaits. “J’ai compris que ça rapportait tout de même plus que de travailler dans les champs. Un vieux cadavre peut se vendre 900 yuans (87 euros)”.
La rencontre avec Li Qiaoling, trafiquante en cadavres, transforma Song en assassin, en 2006 : “Grâce à elle, a-t-il assuré au journaliste pékinois, j’ai compris qu’un cadavre récent se vend beaucoup plus cher, jusqu’à 6 000 yuans. En fait, plus le cadavre est jeune et frais, plus cher il se négocie !”, conclut-il.
Si sa complice était parfaitement au courant que les corps étaient ceux de femmes assassinées, les autres “entremetteuses” qui croisèrent le chemin de Song fermaient les yeux ou feignaient de croire qu’on les avait déterrés pour l’occasion. “Je les ai étranglées à la main, comme ça on les croyait endormies”, a précisé Song.
En réponse à la question “Ne trouvez-vous pas tout ça cruel ?”, il a lâché cette phrase déroutante : “Avant de vendre les corps, j’achète toujours aux défuntes une tenue mortuaire de couleur rouge afin de leur souhaiter bonne chance dans l’autre monde”. Prudent, il a tout de même ajouté qu’il espérait ainsi que ce cadeau les convaincrait de ne pas revenir le “hanter dans cette vie-là”...
Cette coutume d’offrir une compagne dans la tombe d’un célibataire remonte à la dynastie Ming (1368-1644). Elle est encore pratiquée dans les provinces du Shanxi et du Shaanxi, au sud-ouest de Pékin, du Hebei et du Henan (centre). En règle générale, il s’agit de trouver dans une autre famille le corps d’une femme. Une cérémonie de “mariage” est alors organisée.
Les Nouvelles de Pékin qui, outre l’entretien de l’assassin, ont consacré un dossier de deux pages à l’affaire, remarquent que la “loi de l’offre et de la demande en matière de cadavres” aboutit, dans le contexte de cette Chine effrénée dans “sa course au profit”, à créer une “véritable chaîne de production de cadavres”.
Bruno PHILIP</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents