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Des autobus ?Isuzu? à Maurice

18 septembre 2005, 20:00

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En septembre 1980, la marque ?Isuzu? est moins connue des automobilistes mauriciens que de nos jours. Il en ira autrement après l?arrivée à Maurice, il y a 25 ans, des premiers autobus, de cette marque japonaise, commandés par la CNT naissante, preuve s?il en faut une que la publicité par autobus est particulièrement efficace car elle est vue par un grand nombre de personnes en raison de sa grande mobilité.

L?importation de 150 autobus ?Isuzu?, à la solidité et au confort appréciables, est à mettre au crédit donc de la Corporation nationale de Transport, que dirigent excellemment, à l?époque, le Pr Sarathi et Mervyn North-Coombes. Le soin de fabriquer les carrosseries, aux vitres teintées, devant équiper chassis et moteurs de cette marque, est, bien sûr, confié au garage Teeluck and Sons de Castel. Ces véhicules bénéficient des techniques les plus récentes d?alors, d?où leur performance remarquable sur des routes mauriciennes, n?ayant pas, à l?époque, la qualité du revêtement d?asphalte de nos jours. Le garage Teeluck augmente de 30 % sa main d??uvre et recrute 60 ?coach builders? et mécaniciens additionnels.

La ?General Motors? possède à l?époque 35 % des actions d?Isuzu. Son délégué à Maurice et dans plusieurs pays africains est M. Roy M.Courtney. Des stages sont prévus pour la formation des techniciens concernés. Le garage Teeluck compte déjà à son actif le carrossage de 150 autres autobus Isuzu. Il peut en produire huit par mois. Avec la commande de la CNT, sa production doit être doublée. Ces autobus véhiculeront 47 voyageurs confortablement assis. Théoriquement, ils peuvent transporter jusqu?à 60 dans des conditions moins confortables et même 90 passagers debout. Leurs moteurs sont réglés en fonction d?une vitesse de croisière de 60 kilomètres à l?heure. Chaque véhicule pèse 12,5 tonnes, dont 3,4 pour le chassis et le moteur, 3 tonnes pour la carrosserie et 6,4 pour le transport de voyageurs, pesant en moyenne 70 kilos.

Il est aussi question de l?implantation à Maurice de la Société Biblique, dans la presse de ce mois de septembre 1980. Elle organise une journée universelle de prières en faveur de la diffusion des Saintes Ecritures et participe aux travaux du Conseil Mondial de l?Alliance Biblique. Elle y est représentée par son secrétaire exécutif, M. Jean Alain Moussié. La presse profite de ces activités pour faire l?historique de ce mouvement d?initiation scripturaire.

La Société Biblique est, en fait, une des plus anciennes institutions chrétiennes non catholiques de Maurice car sa fondation remonte à novembre 1812. Elle compte parmi ses premiers membres les plus actifs, les Révérends Jean Lebrun, Anderson, Henry Buswell. Jean Lebrun, représentant de la Société Missionnaire de Londres est le pionnier de l?éducation primaire à Maurice. Anderson traduit les Evangiles en créole. Buswell compte une longue carrière comme archidiacre du diocèse anglican. Il passe outre à l?avis des médecins anglais qui lui déconseillent les pays de mission en raison de son état de santé alarmant. Il mourra à Maurice, à l?âge de 101 ans, après avoir efficacement servi neuf évêques de Maurice.

Le Rd Shepherd et un comité, qu?il dirige, décident, le 11 novembre 1812, la création de la Société Biblique. Le général Wards en est le premier président. En 1825, elle doit cesser ses activités par manque de soutien financier, sans pour autant interrompre la diffusion des Saintes Ecritures. Des chrétiens gardent contact avec Londres et distribuent les livres saints qu?ils reçoivent. En mai 1852, la Société Biblique de Maurice devient un simple auxiliaire de la Société Biblique Britannique et étrangère. Une des figures de proue du mouvement est, alors, le Rd Patrick Beaton, ministre du culte presbytérien, le célèbre auteur de ?Creoles and Coolies or Five Years in Mauritius? (Londres, J. Nisbet and Co., 1859).

La Société Biblique connaîtra par la suite des hauts et des bas. Elle survit grâce aux efforts dignes d?éloges de ses membres les plus actifs. En 1950, le Rd Victor Butt donne plus de mordant à ses activités. Dix ans plus tard, la diffusion de la Sainte Bible connaît un nouveau momentum. Un directeur à plein temps est nommé en la personne de David Cohen. La Maison de la Bible ouvre ses portes à Rose Hill en novembre 1966. La Société Biblique devient une agence nationale de l?Alliance Biblique Universelle. En 1970, M. N. Hunter remplace David Cohen. Les progrès du mouvement oécuménique post-conciliaire permettent la vente de la Bible à la sortie des messes catholiques. Des prêtres et des laïcs catholiques deviennent des membres actifs de la Société Biblique. Le diocèse de Port Louis et certaines de ses paroisses lui accordent une aide financière. Les activités s?étendent à la Réunion voisine. Après l?indépendance, un Mauricien, Roger Murat, est appelé à diriger la Société Biblique. L?ancien recteur du Collège Royal de Port-Louis est nommé à ce poste en 1974. A sa mort, en septembre 1976, Mlle Violet Minton lui succède. Elle cède la direction à James Li Hing, le 1er novembre 1979. Six mois plus tard, celui-ci est nommé assistant conseiller de l?Alliance Biblique à Nairobi. Il est remplacé par Jean Alain Moussié, employé de banque et prédicateur laïc de l?Eglise presbytérienne. La Société Biblique prépare en 1980 une version créole du Sermon de la Montagne.

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