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Des améliorations à cor et à cris
?JE suis chaque jour témoin de la misère des anciens extracteurs de sable. Cette situation a de lourdes conséquences sur la vie sociale du quartier. L?état doit mobiliser toutes les ressources et tous les moyens pour trouver au plus vite une solution.? Nicolas Martin ne mâche pas ses mots. Selon cet ancien secrétaire de la Société Coopérative de Pointe-Jerôme, qui regroupait autrefois une vingtaine de propriétaires de bateaux, la situation perdure depuis l?entrée en vigueur des lois interdisant l?extraction, en 2001. Il demande au gouvernement de réunir autour d?une table les forces de la localité et d?autres secteurs concernés pour étudier chaque cas et prendre des dispositions pour aider de nombreuses familles.
Jean Noël Raboude, père de trois enfants et ancien extracteur de sable, a un quotidien empreint de misère. Cet homme d?une quarantaine d?années, chômeur depuis 2001, vit au jour le jour. Il vend ses prises après une tournée en mer chaque matin, dépendant des caprices du temps. ?Mo ti fille ti pé fréquente ène collège Curepipe. Li fine bisin arrêté à cause péna moyen?, raconte Jean Noël en présence de Nicolas et des enfants du quartier.
Pour les deux hommes, être sans emploi et devoir subvenir aux besoins de leurs familles avec la compensation qu?ils ont reçue n?est pas chose facile. ?Nou ti a bien content coné couma ène ministre ou ène député ti pou gère sa compensation là dépi 2001 si surtout li éna ban dépenses pou l?école et lézot frais encore?, s?interroge Nicolas, qui fait également partie du Mouvement pour le bien-être de la cité La-Chaux.
?Démarche ridicule?
Mario Briquin, porte-parole des anciens extracteurs, trouve qu?il n?y a pas d?autre issue que d?organiser de fréquentes manifestations pour alerter l?opinion publique sur ce qu?il qualifie d?injustice à leur égard : ?Le Premier ministre doit prendre ses responsabilités en s?engageant à trouver des solutions à long terme pour réduire le nombre de poches de pauvreté occasionnées par des pertes d?emplois.?
G.Y a la soixantaine et travaillait comme charpentier de marine quand l?extraction de sable était autorisée. Il trouve ?ridicule? la démarche du gouvernement d?envoyer des personnes de son âge sur le banc des institutions de l?Industrial Vocational Training Board (IVTB) pour des cours de formation. ?Dépi plus qui quarante ans mo fine faire sa métier la. Ou croire astère qui mo pou alle apprann? Et en attendant, couma mo famille pou vivre ??
Nicolas n?est pas insensible au nombre très élevé d?enfants qui ne vont pas à l?école et qui vont pêcher avec leurs proches : ?Il y a beaucoup d?enfants qui n?ont pas eu de cadeaux pour la Noël ici parce que leurs parents n?ont pas les moyens. Il faut un plan d?accompagnement pour eux, afin de mieux les encadrer.?
Orso Benjamin Jean Charles, sportif très connu de la région, estime que le gouvernement doit mettre en place des infrastructures sociales et sportives pour donner aux jeunes l?occasion de s?épanouir. ?Vous n?avez qu?à regarder autour de vous. Si les habitants n?avaient pas cotisé pour aménager un jardin d?enfants dans la cour du centre communautaire, nos enfants n?auraient jamais eu un endroit pour se distraire?, constate-t-il.
Les habitants de la Cité La-Chaux souhaitent que Rajesh Bhagwan, le ministre qui s?occupe des projets de la National Development Unit (NDU), se rende sur place pour un constat. ?NDU pas fine faire narien pou nou ici?, déplore Nicolas. Jean Charles parle, pour sa part, de l?absence de points de lumière dans certaines impasses. Il déconseille aux vielles personnes de s?y aventurer la nuit : ?Pour combien de temps encore cette situation va-t-elle durer ??
Tout en reconnaissant l?effort fourni par Anil Gayan, le député de la circonscription, pour la rénovation d?un terrain de foot de la localité, Nicolas lance un appel aux autorités pour que les travaux en cours se terminent dans le plus bref délai. ?Les jeunes ont beaucoup attendu pour profiter de cet espace de loisirs?, fait remarquer Jean Charles.
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