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Des aides financières en cascade attendues
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Des aides financières en cascade attendues
L?aval de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) sur le dossier de Madagascar, donne le feu vert aux autres bailleurs de fonds. Des aides bilatérales et multilatérales commencent à affluer au grand soulagement des autorités malgaches.
La Grande île peut compter au moins sur 130 millions de dollars pour les trois années à venir, dans le cadre du Crédit d?appui à la lutte contre la pauvreté (Carp) avec la Banque mondiale, et de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) avec le FMI. C?est l?administrateur du FMI, Damian Ondo Mane, en personne qui est venu annoncer la nouvelle au président Marc Ravalomanana. ?L?approbation du dossier de Madagascar traduit la confiance de la communauté internationale en la politique économique initiée par le président de la République?, affirme-t-il à Ambohitsorohitra.
Appui à la bonne gouvernance
L?Union européenne emboîte le pas en accordant à Madagascar 462 millions euros d?aide au développement. ?Un montant qui pourrait être revu à la hausse?, déclare le ministre de l?Economie, des finances et du budget (MEFB) Benjamin Radavidson Andriamparany. Ce nouveau crédit constitue le double de ce qui a été accordé au pays dans le 9e Fonds européen pour le développement (Fed). L?accent sera mis sur l?appui à la bonne gouvernance dans ce 10e Fed. Une partie de l?enveloppe sera affectée au Madagascar action plan (Map) et au programme d?Appui aux communes et organisations rurales dans le Sud (Acors).
La Banque africaine pour le développement (Bad) et le Fonds africain pour le développement (Fad) ouvrent aussi les vannes et octroient 52 millions de dollars d?aides, dans le cadre du Programme d?appui budgétaire à la réduction de la pauvreté (PABRP). Cette somme est allouée, entre autres, à l?amélioration de la justice, du processus de décentralisation et de la passation des marchés publics.
Le régime peut donc désormais se mettre sereinement au travail. ?L?enjeu pour Madagascar est maintenant d?optimiser ces acquis?, souligne le représentant du FMI Pierre Van Den Boogaerde, au lendemain du conseil d?administration à Washington.
Il a toujours insisté sur l?impérieuse nécessité de renforcer la gestion des finances publiques et d?établir un environnement sain pour attirer les investisseurs étrangers.
Mamelasoa RAMIARINARIVO
RÉDUCTION DE LA PAUVRETÉ
Banque mondiale et FMI
■ Madagascar a les yeux braqués sur Washington. Le dossier malgache vient d?être avalisé par le conseil d?administration de la Banque mondiale. Le Fonds monétaire international (FMI) s?apprête, de son côté, à trancher sur le cas de Madagascar. En tout, la Grande île compte sur le déblocage d?environ 130 millions de dollars dans les trois années à venir.
La messe est dite avec la Banque mondiale. L?octroi de 40 millions de dollars est acquis dans le cadre du troisième Crédit d?appui à la réduction de la pauvreté (Carp). James Bond, représentant-résident à Madagascar, déclare dans un communiqué ?que la série des Carp contribuera à soutenir les efforts de Madagascar pour atteindre ses objectifs de développement (...) et pour améliorer la capacité du secteur public à assurer son rôle de manière plus efficiente?. Ce nouveau crédit sera utilisé dans les projets d?adduction d?eau potable, la santé, la nutrition et l?Education pour tous.
En contrepartie, la Banque mondiale exige la bonne gouvernance, l?amélioration de la gestion des finances publiques et la lutte contre la corruption. ?Une surveillance et une évaluation renforcées favoriseront une responsabilisation consolidée et centrée sur les résultats?, souligne James Bond.
De même, la subvention de 10 millions de dollars prévue pour le redressement de la Jirama, est également accordée à la Grande île. La Banque mondiale s?est, comme nous le savons, engagée à participer à hauteur de 30 millions sur les 125 millions de dollars promis par différents bailleurs.
Cependant, l?économie retient toujours son souffle. Rien n?est encore gagné avec le FMI, avec lequel la conclusion d?un nouveau programme de Facilité pour de la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) est attendue. Une enveloppe de 80 millions de dollars y est allouée. Cette somme est destinée à financer la balance des paiements dont le déficit, malgré la diminution des importations pour l?exercice 2005, reste toujours important. ?Une baisse des importations qui a grevé les recettes douanières?, a expliqué le ministre de l?Economie, des finances et du budget, Benjamin Radavidson Andriamparany, devant les députés.
Pour le FMI, la décision reste suspendue au respect par la partie malgache des recommandations transmises par son représentant-résident Pierre Van Boogaerde, au début du mois de juin : amputations budgétaires, priorisation des dépenses et amélioration des recettes fiscales. Les autorités ont depuis appliqué à la lettre le blocage de crédit avec un taux moyen de 20 à 40 % des lignes budgétaires prévues, selon les informations recueillies dans différents ministères. La suspension de certains projets, en l?occurrence la construction de logements sociaux, pourrait également répondre à cette priorisation des dépenses, préconisée par le Fonds. à propos des rentrées fiscales, la douane ne peut qu?attendre l?écoulement des stocks importants de produits, importés pendant la période de détaxation, pour voir ses recettes s?améliorer. Il reste à savoir si ces actions réussiront à convaincre l?institution de Bretton-Woods. Certaines sources indiquent que le déblocage du dossier malgache dépendrait du dépôt effectif de la loi des finances rectificative à l?Assemblée nationale.
COMMERCE RÉGIONAL
Un choix difficile
■ La Grande île est actuellement membre de deux communautés économiques régionales : la Communauté de développement économique de l?Afrique australe (Sadc) et le Marché commun de l?Afrique australe (Comesa). Pourtant, Madagascar doit choisir entre ces deux organisations car il est impossible pour le pays de combiner, ne serait-ce que les dispositions de libéralisation douanières prévues : l?abaissement tarifaire, l?unification douanière ou le système du zéro taxe.
En réalité, c?est à Madagascar qu?on fait les yeux doux. ?Les deux entités veulent chacune intégrer le pays dans son bloc?, révèle un membre du Conasa, le Comité national pour l?adhésion à la Sadc, au cours d?un atelier sur l?intégration économique régionale, organisé au ministère des Affaires étrangères la semaine dernière. Les deux communautés sont en pleines tractations avec l?Union européenne pour la conclusion d?un nouvel Accord de partenariat économique (Ape); et avoir dans son camp un pays-partenaire à fort potentiel comme Madagascar est toujours un atout.
Les opérateurs malgaches, eux, sont à la croisée des chemins puisque le choix devra se clarifier d?ici 2008, avec le début des abaissements tarifaires entre Madagascar et les pays de la Sadc, avant l?instauration de l?union douanière en 2010.
?Le choix est trop important et il faut que les Malgaches sachent appréhender leurs avantages dans tel ou un tel engagement?, affirme, en marge de l?atelier, Olive Razafindrakoto, un opérateur privé. Le triage des secteurs et des types de productions bénéficiaires des régimes préférentiels divise les participants. Certains penchent pour des échanges avec des pays à forte tendance agricole comme l?Afrique du Sud au sein de la Sadc. D?autres estiment que le système de zéro taxe au niveau du Comesa est commercialement plus intéressant. ?Le zéro taxe, comme le port franc avec l?île Maurice, nous priverait à terme d?une part importante des rentrées d?argent dans les caisses publiques, et les abaissements tarifaires risquent de nous être défavorables face aux performances économiques des pays comme l?Afrique du Sud?, explique cependant un technicien du ministère de l?Economie, des finances et du budget.
Mais dans l?ensemble, les opérateurs locaux sont unanimes quant à la nécessité d?intégrer l?une ou l?autre des deux communautés. ?Le marché local, non négligeable avec ses 18 millions de consommateurs, ne suffirait pas pour atteindre une bonne croissance économique, surtout une croissance à deux chiffres ?, souligne Herintsalama Rajaonarivelo, président du groupement des opérateurs économiques malgaches.
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