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Des Afghanes poussées au suicide par le feu
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Des Afghanes poussées au suicide par le feu
Battues, violées, données en dédommagement, mariées sans leur consentement... La condition des Afghanes reste si difficile, cinq ans après la chute du régime taliban, que chaque année des dizaines d?entre elles tentent de s'immoler par le feu.
«J?avais décidé de mourir», explique Gulsum, 16 ans, en tentant de cacher ses mains déformées sous son châle, assise sur son lit d'hôpital à Kaboul. «Je ne voulais pas être comme ça, avec ces mains, ce corps», ajoute l?adolescente, dont seuls le joli visage et les pieds délicats ont échappé aux flammes. Sous le col montant de son tricot rouge et son châle blanc à fleurs, sa peau est boursouflée et pleine de cicatrices. Ses mains noueuses saignent toujours.
Un mois plus tôt, la jeune fille a été battue une fois de trop par son mari, drogué. Désespérée, le visage en sang, elle a couru à la cuisine et s'est aspergée de pétrole lampant avant de craquer une allumette. S?il n'existe pas de statistiques fiables à l?échelon national, on a enregistré 93 de ces tentatives de suicide par le feu en 2005 et 54 depuis le début de l'année dans la province occidentale d'Hérat, où le phénomène a été le plus observé. Plus de 70 % des victimes en meurent.
«Cela se passe dans tout le pays (...) et la tendance est à la hausse», affirme un membre de Medica Mondiale, une association à but non lucratif qui soutient les femmes et filles dans les zones de crise. L?organisation a vu des fillettes de 9 ans aussi bien que des femmes de 40 ans s?immoler par le feu, mais la plupart des cas «ne sont pas signalés à la police pour des raisons religieuses, d?honneur, de honte, de stigmatisation». «C?est la loi du silence», selon Mme Adrian-Paul, qui participait à une conférence sur l?immolation par le feu cette semaine à Kaboul.
D?après un récent rapport de l?organisation internationale de défense des droits des femmes, Womanking, «une vaste majorité» d?Afghanes subissent des violences domestiques. Six à huit mariages sur dix seraient arrangés. Plus de la moitié des Afghanes sont mariées avant 16 ans, souvent à des hommes plus vieux qu?elles de plusieurs dizaines d'années.
Il est également fréquent de rembourser une dette, résoudre une dispute ou dédommager un crime de sang en donnant une ou plusieurs femmes ou filles. Certes la situation a progressé , les femmes, privées d?éducation et de travail sous les talibans, ont obtenu le droit de vote et plusieurs se sont présentées aux élections législatives, mais les Afghanes restent souvent considérées comme des sous-citoyens.
Gulsum, elle, a été mariée l?an dernier à un homme de 40 ans. La belle-soeur de celui-ci est venue déposer son nouveau-né ? symbole de pureté et d'innocence ? aux pieds du père de l'adolescente et a demandé la main de la jeune fille. «Mon père a dit : ?le bébé est comme le livre saint, je ne peux pas dire non.? Dans la tradition de notre pays, quand notre père nous donne à marier, nous devons accepter». L?adolescente a vécu chez ses parents avec son époux pendant six mois, à Mazar-e-Sharif, dans le Nord, puis le couple s?est installé en Iran avec la famille du mari, réfugiée de l?autre côté de la frontière comme bien d?autres Afghans.
L?homme est alors tombé dans l?héroïne et l?alcool et les coups ont commencé à pleuvoir, raconte Gulsum. Jusqu?à ce qu?elle tente de se suicider. Ni son mari ni la famille de celui-ci n?ont voulu aider la jeune fille en flammes, un voisin l?a enveloppée dans une couverture et emmenée à l?hôpital.
La directrice de la santé publique d?Hérat a vu environ 150 cas ces deux dernières années. A celles qui survivent, elle dit «de porter plainte mais le gouvernement ne les aide pas. Il ne punit pas ceux qui leur font du mal. Les autorités se contentent de dire ?mais pourquoi s?inflige-t-elle cela ??»
Gulsum, transférée dans un hôpital de Kaboul, a été opérée et doit subir encore quatre interventions. Elle semble plus heureuse depuis quelque temps. Elle a verni ses ongles en rose vif et compte recommencer à porter de beaux vêtements, mais ne fait pas de projets pour l'avenir. «Il faut que j'aille mieux d'abord. Ensuite, je verrai ce que je ferai», tempère-t-elle. «Qui voudrait m?épouser aujourd?hui?»
Une jeune fille rasée pour être sortie avec un Européen
Un homme tunisien de 62 ans et son fils de 22 ans, accusés d?avoir frappé et tondu leur fille et soeur pour la punir d?être sortie avec un homme d?origine européenne, ont été déférés récemment devant le parquet de Lyon après avoir été gardés à vue 48 heures. La jeune femme, âgée de 18 ans, s?est présentée au commissariat d?Oullins, près de Lyon, jeudi soir, accusant son frère aîné de lui avoir rasé une partie des cheveux, pendant que son père la maintenait au sol. Elle aurait ensuite été enfermée dans une salle de bain du domicile familial avant de réussir à s?échapper. Les deux hommes, devraient être jugés selon la procédure de comparution immédiate.
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