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Denise, ?casseuse d?huîtres?

8 mars 2004, 20:00

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À MARÉE basse, Denise Lisette, 32 ans, enfonce ses bottes en caoutchouc et se munit d?un marteau et d?un ciseau. Depuis quinze ans, elle est ?casseuse d?huîtres?, un métier à risques, qu?elle a appris de sa défunte mère, Henriette.

De sa maison à Poste-de-Flacq, Denise ne parcourt qu?une centaine de mètres pour gagner la mer. À mesure qu?elle avance, elle s?enfonce dans l?eau. Elle opère seule et n?a pas peur d?aller au-devant du danger. Contrairement à beaucoup de pêcheurs de la région, elle sait nager et pratique même la plongée en apnée à la recherche d?huîtres.

L?opération est extrêmement difficile. Le mollusque est solidement collé aux rochers par une valve de sa coquille. Mais Denise ne lâche pas prise. Elle manie les outils avec beaucoup de dextérité pour le détacher. ?C?est un métier difficile à apprendre. Même si je le fais depuis quinze ans, je me blesse encore aux mains et aux pieds. J?attrape aussi la grippe en raison de longues heures passées dans l?eau, surtout en hiver. Je souffre de courbatures. Mais qu?y puis-je??

Aphrodisiaque

En l?espace de trois heures, Denise extirpe quelque 300 huîtres qu?elle revend la plupart du temps à des touristes dans les hôtels de la région. ?Pour les étrangers, l?huître est aphrodisiaque. Mais des habitants du village l?achètent pour ses propriétés médicinales, surtout pour combattre l?asthme. Je travaille tout le long de l?année, sauf pendant le mois de janvier où les gens ne consomment pas l?huître. C?est en raison des grandes chaleurs qui prévalent alors dans le pays?.

Mère de trois enfants, âgés de 11, 9 et 6 ans, Denise jouit du soutien de son époux, Jean-Paul, un batelier, qui est en contact régulier avec les touristes. Elle encourage les gens à consommer l?huître qui aurait des effets bénéfiques sur la santé. ?Mon fils souffrait d?asthme, mais depuis qu?il en consomme régulièrement, il est guéri?.

La jeune femme estime qu?il faut avoir une volonté de fer et de la patience pour devenir ?casseuse d?huîtres?. ?J?aime faire ce métier. Quand il y a une fête dans le village durant le week-end, j?en apporte aux habitants du village?.

Denise déplore que le gouvernement ne reconnaît pas le métier de ?casseuse d?huîtres?. ?Pendant les intempéries, les pêcheurs bénéficient d?une allocation, mais pas nous. C?est une grave injustice parce que nous aussi nous ne pouvons travailler?.

Malgré les dures journées dans l?eau, Denise ne peut s?empêcher de rêver à des jours meilleurs. Elle veut monter sa propre entreprise de distribution d?huîtres. Avec son courage et sa détermination, l?avenir lui appartient?

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