Publicité
?Deksi feler? à la sauce Komiko
?Chez Deksi feler, karay mama gagn dimal?. Les rideaux bleus de La Ravanne s?ouvrent sur un décor de restaurant. L?un de ces boui-bouis où l?hygiène n?est qu?un vague concept, où l?économie (jusqu?à celle de l?eau des toilettes) règne en maître.
En somme, le cauchemar de tout client. C?est la dernière idée théâtrale de Miselaine Soobraydoo et des Komiko. Deksi feler a été créé vendredi au complexe Cinécity (ex-Majestic), salle devenue quartier général des Komiko.
Au menu, des gags à répétition, une généreuse portion d?absurde et de la matière grasse non allégée. Miselaine Soobraydoo en a désormais fait l?une de ses marques de fabrique : se moquer de son physique et de celui de ses comédiennes. Belle manière de s?assumer et surtout un ressort comique qui fonctionne à tous les coups. Ainsi, au cuisinier qui n?a plus de viande sous la main, elle propose de se servir du côté de ses formes généreuses.
Qu?en est-il de l?argument de la pièce demandez-vous ? On pourrait le résumer comme suit : la propriétaire d?un restaurant a vent de la visite d?un inspecteur sanitaire. Un client, qui correspond à la description de l?inspecteur sanitaire (?so moustas avek so labarb enn sel?) arrive effectivement chez Deksi feler. C?est le branle-bas de combat.
Tous les atouts (surtout mammaires) sont mis de l?avant. Et voilà Miselaine Soobraydoo et les Komiko qui revisitent tous les classiques du genre. Un chien dans la cuisine du restaurant. Un frigo en panne depuis trois mois, avec de la viande en état de décomposition dedans. Un cuisinier japonais qui ?pa kontan baigne?. Et le chien qui finit dans la casserole.
Pratiquement au même moment, débarque un client qui ne paie pas de ? mine. Il est relégué à côté des toilettes. S?entend demander s?il ne peut pas attendre à chaque fois qu?il veut commander. Cindy Pierre et Sophie Jeanneton excellent dans le registre des serveuses irritables et naïves. Pour tenter de les diriger, une public relation officer (Annaëlle Groëme) très comme il faut, grande pleureuse en temps de crise. Car l?inspecteur n?est pas celui que l?on croit et le premier client cache un psychopathe.
Les Komiko est une troupe rodée. Cela s?est confirmé une fois de plus sur scène vendredi soir. Spontanéité, naturel et justesse du jeu étaient au rendez-vous. Débuts prometteurs aussi pour Annaëlle Groëme, à l?exception de son filet de voix qui se perd de temps en temps. Au point où Miselaine Soobraydoo lui lance de derrière le comptoir : ?Koz enn ti pe for mo tande.?
Et bien qu?incommodée par une toux, Miselaine sait donner de la voix et rendre son personnage de mégère pingre bien vivant. Chez Deksi feler, la sauce a bien pris. Vivement les reprises.
Publicité
Publicité
Les plus récents