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De quoi souffrent les Bleus ?
Contre la Croatie, l?équipe de France a-t-elle péché par orgueil ou le mal qui l?habite est-il plus profond? Jeudi, à Leiria, les champions d?Europe ont concédé un résultat nul 2-2 qui les obligent à attendre le match contre la Suisse pour espérer décrocher leur place en quart de finale.
Sans envie, mais aussi sans réels moyens, les Bleus ont souffert face à une équipe croate qui ne fait pourtant pas partie des favoris du tournoi. Sur toutes les lignes, ils ont affiché des faiblesses, comme toutes les autres formations d?une compétition qui s?annonce très serrée.
Erreurs en défense et manque d?inspiration offensive ont empêché Jacques Santini de s?offrir le luxe de ménager ses titulaires lundi prochain à Coimbra.
Il est tentant de faire de Desailly, 116 sélections, le bouc émissaire de la contre-performance des Bleus. Mais le défenseur de Chelsea est loin d?être le seul responsable de la mauvaise soirée de son équipe, qui a encaissé trois buts en deux matches après 1.077 minutes d?invincibilité.
Dacourt, remplaçant de Makelele blessé, a totalement manqué son match, laissant un impeccable Veira s?occuper seul de la récupération. Predretti, entré à la place du milieu de l?AS Rome, s?est montré plus rigoureux dans son travail de harcèlement et en termes de vision du jeu.
Dans une moindre mesure, Wiltord a été décevant. Silvestre, pour sa part, a concédé son deuxième penalty en deux matches.
Et Henry, visiblement épuisé après une saison avec Arsenal où il n?a jamais été ménagé par Arsène Wenger, ne semble plus en mesure de faire la différence.
Trezeguet, inexistant pendant deux rencontres, a sauvé les meubles en égalisant contre la Croatie. Les Bleus manquent d?inspiration alors que les Croates, à l?inverse des Anglais battus sur le fil 2-1 dimanche, n?ont pas vraiment fermé le jeu.
Zidane, qui s?impose de plus en plus comme le patron de l?équipe de France, est toujours incontournable, et ses deux buts dans les arrêts de jeu contre l?Angleterre se révèlent bien plus importants que prévu.
Il reste aux Bleus à se concentrer sur le match contre la Suisse pour se qualifier en quart de finale. Pires reste optimiste. « Ils seront obligés de sortir car avec un match nul ils ne passent pas », dit-il. Faut-il que les Suisses sortent de leur réserve ? Santini, contrairement à Aimé Jacquet, n?a toujours pas trouvé la formule sinon magique, du moins totalement efficace, en défense.
Il a appelé ses troupes à « se réveiller ». Suffisant contre la Suisse, sûrement, mais quelles garanties pour la suite ?
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