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De plus en plus isolée…

26 octobre 2006, 00:00

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“Pendan périod élection générales, cité Camp-Diable vine couma dire enn place taxis asoir. Ban députés roulé enn nuit pour dimane vot. Après letan bizin zot, zot la fimée pa trouvé”, dit Marie Anne Congo, habitante de la localité. Encouragée par Fabiola Hollingworth et Jean-Noël, père de celle-ci, qui sont autour d’elle, Marie Anne donne libre cours à son indignation après ses longues années passées dans cette cité appelée cité perdue par les habitants eux-mêmes.

Les habitants ont le sentiment que les élus et le gouvernement les ont complètement rayés de leur agenda et qu’ils ne veulent plus retourner dans le village, faute de n’avoir pu honorer ne serait-ce qu’une ligne de leurs promesses. “Ils ont honte de retourner ici et nous constatons que faute d’un centre communautaire qui nous a été promis, nous nous réunissons toujours sous des bananiers pour discuter de nos projets. En l’absence d’un jardin d’enfants, nos enfants courent toujours sur les berges de la rivière pour se distraire les après-midi et pendant les vacances scolaires. Les jeunes jouent sur le terrain de football, toujours dans un piteux état comme c’était le cas avant les deux dernières élections générales”, constate Robert Boncoeur, un autre habitant.

Comme à Camp-Diable, les habitants reprochent aux élus de ne pas se rendre dans leurs circonscriptions respectives pour écouter leurs mandants.

Après Robert, c’est au tour de Fabiola d’ajouter son couplet à cette chaîne de doléances archi-répétées, dit-elle, pendant les deux dernières campagnes électorales. “C’est blanc bonnet et bonnet blanc”, déplore cette jeune fille de dix-huit ans, ex-étudiante du collège d’Etat de Souillac. “Si les autorités avaient fait construire un centre communautaire, nous les jeunes, nous aurions eu un endroit pour organiser certaines activités, les enfants auraient un ordinateur pour se familiariser avec l’informatique, les dames pourraient apprendre la couture et suivre des cours d’artisanat comme cela se passe dans d’autres villages avoisinants”, explique Fabiola qui est au chômage.

Les trophées dans une boutique</B>

Les différents trophées remportés par les jeunes lors des compétitions sportives organisées ailleurs et tout récemment par l’équipe de Saint Georges Football Club sont la preuve qu’il existe un grand potentiel dans la localité. “Mais chaque coupe que nous remportons dans des compétitions sportives, nous devons l’exposer dans les boutiques de la localité. Nous n’avons pas d’autre endroit.

Est-ce de cette manière que nous allons inciter les jeunes à faire du sport et les décourager à consommer de l’alcool ou à trouver refuge dans d’autres fléaux”, s’interroge Fabiola.

Autre fait surprenant pour Marie-Noëlle et ses voisins, c’est l’attitude adoptée par certains responsables d’entreprises ou des propriétaires de maisons à leur égard à chaque fois qu’ils frappent à leur porte pour demander de l’emploi.

On leur offre Rs 75.00 la journée pour laver un mur long de 600 mètres. “Il est vrai que nous sommes dans le besoin et que le chômage bat son plein, mais faut-il pour autant nous offrir un salaire aussi dérisoire ? En agissant ainsi ils nous donnent le sentiment que nous sommes obligés d’accepter tout ce qui nous tombe sous la main”, observe Marie-Noëlle.

Une voisine de Fabiola et de Jean-Noël se rappelle encore le jour où elle a laissé une enveloppe contenant Rs 100 sur la table d’un de ses nouveaux employeurs après trois jours de travail comme bonne. “Nous pas pe dimande charité, mais ban députés capav donne nou enn coup de main pou organise nou pou faire impé développement pou habitant cité ici”, insiste Robert.

Les habitants ont également parlé d’autres problèmes qui affectent leur quotidien : par exemple les drains bouchés qui empêchent l’eau de suivre son cours normal.

“Nous demandons aux députés de prendre leur responsabilité en respectant leurs promesses”, souhaitent ces habitants.

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