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De nouveaux marchés explorés

28 novembre 2007, 00:00

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Face à l?appréciation de l?euro, du dollar et d?autres monnaies par rapport à la roupie, les importateurs, y compris les supermarchés, explorent les nouvelles avenues d?approvisionnement en produits de consommation courante. Si certains opérateurs estiment que cette démarche peut donner des résultats probants, d?autres restent assez sceptiques en raison des possibilités très limitées.

Optimiste, Thierry Sik Yuen, le directeur de Sik Yuen Supermarket de Curepipe, l?est. D?ailleurs, il déclare que les négociations entamées avec un nouveau fournisseur se passent bien.

«Nous espérons pouvoir passer les commandes au début de l?année prochaine. Ce sera surtout pour des produits secs, conserves, biscuits et même des produits surgelés et frais. Les produits devraient être sur nos rayons pour Pâques. Il nous faut imposer nos conditions, notamment au niveau de l?étiquetage», dit-il.

«Les prix des biscuits de la Grande-Bretagne ou même de l?Afrique du Sud ne cessent d?augmenter, ajoute-t-il. Il y a certains produits secs qui viennent de la Malaisie. La qualité n?est pas mauvaise.»

Mais, en même temps, Sik Yuen Supermarket continuera sa coopération avec la centrale française. Elle est, actuellement, son principal fournisseur. «Nous sommes bien servis par cette centrale. Nous continuons avec les produits français. Nous voulons aussi diversifier nos sources d?approvisionnement. Mais il n?est pas question d?aller dans le bas de gamme. Ce sera des produits à des prix compétitifs mais nous garderons la qualité», dit Thierry Sik Yuen.

Pour Azim Currimjee, président de la Chambre de commerce et d?industrie de Maurice, il est indéniable que c?est le marché qui va déterminer comment le produit est accepté.

«On voit du lait argentin dans certains supermarchés. Le consommateur est très attentif aux prix. Mais il y a un potentiel régional qu?il faudra exploiter. Le Kenya est un gros producteur. Pourquoi ne pas essayer d?exploiter ce marché ou encore d?autres pays du Common Market for Eastern and Southern Africa et de la Southern African Development Community ? Nous avons déjà des biscuits de Madagascar», dit Azim Currimjee.

Shoprite dit ne pas lésiner sur les moyens pour trouver de nouveaux fournisseurs. Ce supermarché a importé des serviettes (tissue paper) de l?Inde à 20 % moins cher.

«C?est déjà sur nos rayons. Cela marche bien», dit Fazal Ebrahim Dawoo, haut cadre de Shoprite. Nous avons aussi fait venir des produits cosmétiques des Etats-Unis.»

Autre nouveauté sur le marché : une marque de corned beef en provenance d?Amérique du Sud. Ce produit est commercialisé par la chaîne de supermarchés Winner?s. «Nous avons exploré toutes les possibilités de trouver de nouvelles sources d?approvisionnement. Mais cela n?est pas facile», dit Nicolas Merven, directeur de Winner?s.

«Dans certains pays, ajoute Nicolas Merven, il y a les consommations internes de certains qui absorbent toutes leurs productions. Dans d?autres, il y a eu de graves problèmes de récolte. En outre, les demandes en Chine et en Inde augmentent.»

Nicolas Merven ajoute que les gros producteurs sont l?Europe, les Etats-Unis, l?Australie et l?Amérique du Sud. Il est difficile d?en trouver d?autres, précise-t-il. D?autant plus que les Mauriciens restent fidèles à certaines marques de produits.

<B>Déficit de production</B>

«Il y a aussi le Food Act qui est très strict au sujet de la protection des consommateurs. Il n?est pas toujours facile d?avoir des articles de bonne qualité à moins cher. Il n?y a pas de grand choix pour diversifier les sources d?approvisionnement. Il faut que les consommateurs soient prudents et cela peut minimiser l?impact de la hausse de prix sur leurs budgets», estime Nicolas Merven.

«Il y a aussi le ?Food Act? qui est très strict au sujet de la protection des consommateurs. Il n?est pas toujours facile d?avoir des articles de bonne qualité à moins cher.»

Comme Winner?s, Innodis préfère généralement rester fidèle à ses sources d?approvisionnement traditionnelles. Qu?il s?agisse de ses importations de lait ou de viandes surgelées en provenance d?Australie et de la Nouvelle-Zélande. Cette compagnie importe également des produits de l?Inde, de l?Argentine et du Brésil, mais en petites quantités. Winner?s importe son fromage de France.

Pour le riz basmati, l?Inde et le Pakistan sont les principaux fournisseurs d?Innodis. Le polissage se fait ensuite par le Rice Milling Plant de la compagnie mauricienne.

Ashok Ramdenee, Managing Director de Ramdenee group, souligne que le groupe importe de l?huile à l?état brut de l?Argentine ou du Brésil, car il n?y a pas d?autres sources. «Maurice est un petit opérateur. Nous n?avons pas le choix. Les prix des fournisseurs sont la plupart du temps ajustés en dollars», dit Ashok Ramdenee.

«Il y a un déficit de production pour le blé, le lait, le riz, et bien d?autres produits. Les conditions climatiques y sont pour quelque chose, mais aussi la flambée du prix du pétrole. Nous essayons toujours d?avoir le meilleur prix, mais ce n?est pas évident. Il y a des conserves qui viennent du Chili, du Pérou et d?Afrique du Sud. On peut faire venir de certains pays du Sud-Est asiatique, mais ce ne sera pas de même qualité», estime Ashok Ramdenee.

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