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De manutentionnaire à “production manager”
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De manutentionnaire à “production manager”
Il y a des obligations inévitables dans la vie. La pimpante Mala Parianen en sait quelque chose. Pour élever son fils après son divorce, elle a été obligée de travailler à la Island Clothing Ltd. Malgré les contraintes rencontrées, elle n’a pas perdu grand-chose au change. Elle est aujourd’hui production manager à la New Island Clothing Ltd. Impossible d’aller plus haut car cela signifierait bouter dehors le directeur, explique-t-elle en riant.
“Monn bouz sa kantite la ek li sifizan. Mo travail aktiel deza ase importan coumsa. Si mont plis, lerla mo pou vinn direct lor post direkter ”, explique cette quadragénaire qui est née et a toujours vécu à Stanley.
Mala Parianen a toujours pratiqué la couture à ses heures perdues. Et après son divorce, l’obligation de travailler se fait sentir car elle tient à élever son fils. Elle trouve alors de l’emploi comme manutentionnaire à Island Clothing Ltd. Au début, elle a du mal à s’y faire car elle doit passer ses journées debout. L’obligation faisant loi, elle s’habitue et ses connaissances en couture lui permettent de grimper un échelon pour être machiniste.
Comme elle fait montre d’aptitudes de leadership, Mala est nommée contrôleuse au bout de cinq ans. Elle a sous sa responsabilité une vingtaine d’employés. Le chiffre cinq semble lui porter chance car cinq ans plus tard, elle est promue senior supervisor, contrôlant le travail d’une soixantaine de personnes.
Mala a continué sa progression au sein de l’entreprise où elle exerce aujourd’hui comme production manager et cela depuis une dizaine d’années. Même si ses épaules sont littéralement frêles, elle parvient à assumer toutes les responsabilités venant avec sa fonction.
Elle arrive à l’usine à 7 h 30 et ne sait jamais vers quelle heure elle en ressortira. Sa journée est bien remplie car outre ses directives aux cinq contrôleurs fonctionnant sous ses ordres, elle doit s’assurer à chaque demi-heure que les 130 personnes à qui le travail a été délégué, l’effectuent effectivement. “Ou bizin partou à la fois me mo kontan mo travail.”
Horreur des changements
Mala avoue avoir fait l’objet de tentatives de débauchage. Mais elle a résisté car elle a horreur des changements. Ensuite, précise-t-elle, elle a toujours été bien traitée à la New Island Clothing Ltd. Donc pourquoi en serait-elle partie ? Quoi de plus logique, n’est-ce pas ? “Oui, oui, ici monn bien fer progre. Mem si mo mama inn donn moi enn bout later, monn kapav pran enn loan et fer aranz mo lakaz. Monn met tou zafer ladan. Ek monn resi marie mo garson.”
Si les fermetures d’usines l’inquiètent, elle estime que l’avenir des employés de la New Island Clothing Ltd réside entre leurs mains. “Nou lavenir dan nou lamin. Se nou ki bizin fer travail la marse en respektan ban komand clients.” Cela dit, Mala pense que le gouvernement pourrait renverser la vapeur par rapport aux employés dont les usines vont en liquidation. “Au lieu van ban assets ek rambours labank avan, gouverman ti aurait di veiller ki travaillers rambourse en premie. Parski dans zone franche, pena pansion kouma dan gouvernema ek sekter prive.” Un avis qui mérite d’être considéré…
PARCOURS D’UNE USINE DE TEXTILE
<B>Faire la part des choses entre le travail et le confort </B>
A ses débuts, il y a 20 ans, la New Island Clothing Ltd était connue comme “Island Clothing Ltd”. Il s’agissait d’un partenariat entre “Coats Vyella” et le groupe CIEL. En l’an 2000, le premier nommé s’est retiré et ses parts ont été rachetées par le groupe de textile britannique Quantum Clothing.
L’objectif de la direction de la New Island Clothing Ltd est de faire en sorte que l’usine devienne la référence de qualité en matière de chemiserie à Maurice. Et si elle délivre de nombreux cours de formation à ses employés de façon à les rendre polyvalents et plus performants ; elle ne néglige pas leur confort.
Ainsi, elle s’attelle notamment en matière d’heures supplémentaires à respecter les “Ethical Trading Initiatives” qui sont des normes internationales. Elle applique aussi à la lettre les “Health and Safety Regulations”. Elle a négocié avec les crèches des environs et subventionne les enfants des employés qui bénéficient également du transport de l’usine le matin afin d’être déposés devant lesdites crèches.
L’entreprise employant 700 personnes se spécialise dans la chemiserie pour hommes bien que depuis peu. Elle s’essaie dans le créneau des blouses pour dames. Sa production courante est de 26 000 chemises par semaine et 80 % de celle-ci est achetée par son principal client, “Marks and Spencer”.
La moitié des 20 % restants est achetée par l’Espagnol, El Cortès, et le reste, par des clients américains. L’entreprise est dirigée par Elvis Cateaux qui est assisté de Graham Gallick, Anglais naturalisé Mauricien. Le directeur des ressources humaines est Mario Ponen.
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