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De l?énergie à profusion

13 octobre 2007, 00:00

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La vie de Lilowtee Rajmun semble se dérouler au pas de course. Du moins, sa vie professionnelle. Le jour de l?entretien, elle enchaîne les réunions comme on enfile des perles. D?abord, celle de son conseil d?administration. Qui dure plus de trois heures? Elle en ressort la mine aussi fraîche qu?au réveil. Et nous reçoit aussitôt. Sans plainte, ni soupir. «Je vis à 100 à l?heure, c?est vrai, et je ne me plains jamais», reconnaît-elle. «Quand on aime ce que l?on fait, on surmonte toutes les fatigues.»

Cette jeune femme, généralement discrète, est originaire de Dagotière. Village où elle demeure toujours. C?est de là qu?elle puise la sérénité nécessaire à son ressourcement. «C?est sûr qu?en termes d?infrastructures, ça manque. Et qu?il n?y a pas énormément d?activités sociales. Mais ce n?est parfait nulle part. Dagotière est mon village natal et à ce titre, je l?aime.»

Lilowtee a des certitudes. Et n?en démord pas. Adolescence, cette ancienne élève du collège Lorette de Port-Louis est persuadée q?elle a l?économie et les sciences dans le sang. Pas la littérature. Sa s?ur aînée ayant opté pour les sciences, elle doit absolument se démarquer d?elle. D?où son choix de se diriger vers l?économie et la comptabilité. Grâce à des résultats brillants à la fin de sa Form VI, la jeune femme a la possibilité d?obtenir une bourse d?études à l?étranger. Mais Lilowtee sent qu?elle doit rester à Maurice. Que le diplôme de l?université de Maurice vaut largement celui d?un établissement tertiaire étranger.

C?est en préparant son mémoire de fin d?études ? elle est détentrice d?un Bachelor of Science in Management with specialisation in Marketing ? qu?elle rencontre Danièle Wong, la charismatique directrice de la Mauritius Export Processing Zone Association (MEPZA), organisme précurseur de la MEXA. Elle interroge cette dernière sur les comportements éthiques. Coup de pot, Danièle Wong organise justement un séminaire sur le sujet. Elle propose donc à Lilowtee de lui prêter main forte. Occasion rêvée pour la jeune femme qui pourra ainsi étoffer son mémoire d?études.

Danièle Wong est séduite par la bonne volonté et le désir de bien faire de Lilowtee. C?est donc en toute logique qu?elle lui propose de travailler à mi-temps à la MEPZA. Soit d?y être deux fois la semaine. Lilowtee accepte. Elle découvre alors un secteur «dynamique» et un cadre de travail «vibrant». Lorsqu?elle complète ses études, la MEPZA lui propose un emploi ferme en tant que market and liaison officer.

COMPLEMENTARITE

«Lorsqu?on termine ses études, on doit généralement attendre deux ou trois mois avant d?avoir une proposition d?emploi. Là, j?étais familière à l?association et à ses objectifs et cette proposition m?était presque offerte sur un plateau. Je n?allais tout de même pas la refuser», dit Lilowtee au sujet de son accord à cette proposition. Nous sommes alors en 1999. Sa tâche consiste à organiser des séminaires et des conférences pour les membres de l?association. Elle est également sollicitée pour épauler son collègue responsable du dossier commercial. «Lorsque Danièle Wong voit qu?elle a affaire à une personne responsable et qui apporte des résultats, elle lui confie d?autres responsabilités pour renforcer ses capacités. C?est ce qu?elle a fait avec moi.»

Lilowtee se familiarise ainsi à tous les traités et autres accords internationaux afin de mieux conseiller et anticiper les besoins des membres de la MEPZA. Si bien que lorsque le responsable du dossier commercial s?en va, ses dossiers lui reviennent. Lilowtee est alors nommée trade executive. Fonction qu?elle occupe jusqu?en 2003, année où elle est choisie comme assistante de la directrice. «Cette promotion est venue comme une surprise. Au départ, j?étais un peu l?assistante personnelle de Danièle Wong. Mais graduellement, chacune a eu ses dossiers et ses réunions. Mais nous sommes en permanence en consultation. C?est le propre de Danièle Wong de consulter tout le monde. Aujourd?hui, je peux dire que nous sommes complémentaires.»

Elle avoue être souvent en désaccord avec sa directrice. Mais qu?étant toutes deux ouvertes aux idées d?autrui, elles savent concéder lorsque leur vis-à-vis fait montre de meilleurs arguments. «Nous nous complétons tant qu?il n?y a pas de marked difference dans la façon dont les choses sont faites.» La seule différence, estime-t-elle, est une de personnalité. «Danièle est très directe dans sa démarche. Moi, j?arrondis un peu plus les angles.» Lorsque Danièle Wong prend des vacances, c?est Lilowtee qui assure la suppléance. En gardant en tête la philosophie de l?association. Celle de «servir ses membres efficacement.»

CROISSANCE POSITIVE

Le secteur manufacturier, et en particulier le textile-habillement, a connu cinq années difficiles avec notamment le démantèlement de l?Accord Multifibres et le départ des investisseurs hongkongais. Lilowtee a vécu tous ces soubresauts aux premières loges. Aujourd?hui, toutefois, elle est convaincue que le pire est passé. «L?an dernier, nous avons connu une croissance positive grâce au secteur seafood et je suis persuadée que cette année, les chiffres seront meilleurs.»

Depuis mai dernier, la MEPZA, devenue MEXA, a élargi ses horizons. Elle s?occupe ainsi des intérêts des exportateurs de tous les secteurs. Lilowtee est persuadée que cette année, ce sera le textile-habillement qui contribuera le plus à la croissance.

La jeune femme est pourtant consciente de la menace qui plane sur ce secteur, qui a déjà beaucoup souffert. Mais elle reste optimiste. «Les Hongkongais sont partis. Il ne reste plus que les producteurs mauriciens qui se battent bec et ongles pour leur gagne-pain. C?est sûr qu?il y a la concurrence. Mais je reste persuadée que la loyauté des producteurs locaux, la qualité de leurs produits et leur respect des délais fera la différence dans le temps et leur ramènera leurs clients d?autrefois?»

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