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De la poudre aux yeux

28 janvier 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La grille de la DWC sera cadenassée pour de bon le 31 janvier. Les syndicalistes, les politiciens de l?opposition, les grévistes de la faim, malgré tout leur tapage médiatique, n?ont pu éviter la fermeture de cet organisme parapublic dont les pertes, au fil des années de mauvaise gestion, s?élèvent à Rs 450 millions.

Cependant, si le gouvernement, au nom de la bonne gouvernance, s?est montré intransigeant sur ce dossier, il a quand même dû revoir son approche purement comptable, en facilitant le redéploiement de la majorité des ex-employés de la DWC. Mais où est la logique, si elle n?est pas purement politicienne, même si Rashid Beebeejaun, au Parlement vendredi, a avancé le contraire ?

À bien voir, l?État n?économise rien, en termes de salaires, pire, il corse le problème d?une fonction publique qui ne demande qu?à être dégraissée pour être moins amorphe.

En fait, on est tout simplement en train de reproduire le schéma qui cause nos pertes annuelles. Il ne se passe pas un rapport de l?Audit qui n?évoque les dépenses exagérées des organismes parapublics. La DWC, c?est un secret de polichinelle, a été peuplé, surtout avant et après des élections, d?agents politiques. Un éléphant blanc nourri et protégé par les politiciens, de tous bords, au nom du sacro-saint principe de la création d?emplois. Or les temps changent, mais les mentalités tardent à évoluer, à « reset ».

Autre dossier « populaire » qui devient « prioritaire » : l?adoption du « Borrowers Protection Bill », alors qu?il y a d?autres projets de loi en attente (« Labour Act », « Industrial Relations Act », entre autres), a été le point d?orgue de cette semaine parlementaire qui marque, par ailleurs, la rentrée politique 2007. Dans l?hémicycle, perchés dans la galerie des invités, les victimes de la « Sale by Levy », qui ont, par la suite, été conviées au bureau du Premier ministre, où des rafraîchissements et les caméras de la MBC les attendaient. Bien évidemment, personne, encore moins l?opposition, ne pouvait contester cette loi qui vise à éviter que le lot des emprunteurs désabusés n?aille enfler la colère de la rue.

Mais ces « victimes » savent-elles vraiment que cette loi, qui n?a aucun pouvoir rétroactif, n?y peut rien pour recouvrer les biens déjà saisis ? L?autre évidence, pas souvent soulignée, demeure la difficulté désormais accrue d?obtenir un prêt, surtout pour la majorité des emprunteurs qui ont toujours honoré leurs engagements.

Ces postures consensuelles du gouvernement sont révélatrices de la tendance actuelle qui est d?assouplir les mesures jugées trop abruptes du dernier budget. Au départ, pour justifier la rupture économique, on entendait des justifications style : on ne peut pas faire d?omelette sans casser les ?ufs. Mais la récente réintroduction des subsides sur la farine illustre un procédé inverse : on recolle les morceaux de colère éparpillés ça et là.

Après le bras de fer avec Desbro, au cours duquel le gouvernement a réalisé le danger de vouloir contrôler les prix, c?est-à-dire d?essayer de prendre à contre-pied la tendance mondiale, un autre dossier, crucial au développement du pays, promet bien des revirements. En voulant éviter une pénurie de ciment, le ministre Jeetah annonce sur un ton des plus rassurants : « La STC va s?assurer de l?approvisionnement. » Mais, si les importateurs du secteur restent de marbre, qui alors va en assurer la livraison, si tant est qu?on arrive vraiment à un meilleur deal ?

Le consensus, le vrai, suppose l?accord de toutes les parties pour l?accomplissement d?une fonction vitale, pour le bien de tous. Et non pas une intervention ponctuelle et populaire pour jeter de la poudre aux yeux d?une population qui souffre déjà d?une situation économique difficile?

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