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De la coolitude à l?humain

5 novembre 2007, 00:00

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Le poète était là. Au jour du souvenir. Khal Torabully était au Ghat le 2 novembre. Lui qui a mis les formes aux souffrances du corps. Lui qui a mis les mots aux maux. Lui qui l?a nommée. Coolitude.

Plus qu?une question d?attitude, une veine ouverte sous la peau. Encore de la théorie littéraire. L?occasion était trop belle pour ne pas demander au poète de dire son passé, à l?aujourd?hui, son demain.

Lui commencera par le pourquoi. ?Quand j?ai écris Cale d?étoiles, Coolitude, j?ai fais un texte pour mettre en relation la mémoire des esclaves et des engagés. Je ne me suis pas engagé dans quelque chose d?exclusif. La coolitude, tout en se réappropriant l?historicité des engagés s?ouvre sur les personnes de diverses contrées mises en présence. C?est cela l?humanisme de la coolitude. Au coeur de cette pensée, il y a le pardon, notamment pour ceux qui nous ont offensés. Je ne suis pas dans un discours de revanche historique.?

Khal Torabully l?admet. Tous ne saisissent pas la complexité de ce qu?il a théorisé. Les implications de ce concept étudié à l?université de Warwick. ?Ce n?est pas passéiste, ce n?est pas une célébration ad nauseam du passé. Tout en prenant l?histoire, on se projette dans l?avenir.?

?Le poète refuse la victimisation?

Il est formel. Lui qui est mandaté, à titre bénévole, par le directeur du service interculturel de l?Unesco, Ali Moussa Iye, pour développer à Maurice ?cette nécessité de faire dialoguer l?engagsime avec d?autres imaginaires?. Khal Torabully affirme en outre qu?il continue les carnets de la coolitude.

Qu?il ne rejette pas le terme ?coolie?, un mot utilisé à un moment de l?Histoire comme une insulte jetée à la face de l?engagé par l?émancipé. ?Qu?il soit émancipé ou engagé, ce sont deux victimes de l?Histoire, deux victimes laissées dans le sillage du maître.?

Le poète lui refuse la victimisation. Notamment celle des ?universitaires qui ont voulu tuer l?oiseau dans l?oeuf, sans l?avoir lu?. Certes, il n?occulte rien de la blessure charnelle laissée par l?insulte, notamment dans la mémoire des descendants. ?Moi je prends l?insulte pour la charger de façon positive, pour en faire un concept de civilisation. Si on est incapable de désarmer un mot, alors pourquoi a-t-on le don de la parole ??

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