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?De l?écriture à la peinture? Bernard Violet raconte Chazal
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?De l?écriture à la peinture? Bernard Violet raconte Chazal
A l?invitation du Malcolm de Chazal Trust Fund Board, Bernard Violet, journaliste et écrivain français, donnera une conférence le vendredi 12 septembre, 2003, date anniversaire de la naissance de Malcolm de Chazal, le 101e, à 18 h 30, à la Municipalité de Quatre-Bornes, sur le thème De l?Ecriture à la Peinture. Il sera accompagné de son frère Michel, chef monteur à France 2. Ce dernier travaille à la réalisation d?un CD-Rom, consacré à la vie et à l??uvre de Malcolm de Chazal.
La conférence sera agrémentée de la projection d?une émission consacrée à Malcolm sur France 3. Elle comprend un entretien avec Eric Meunié, spécialiste de Chazal, à propos de la réédition de son livre Sens Magique. Et d?une intervention filmée du poète, peintre et philosophe mauricien, à propos de son ?uvre.
L?exposé sur le thème De l?écriture à la peinture, occupera le deuxième volet de la manifestation. Un troisième comprendra la présentation de la maquette du CD-Rom de Michel Violet.
Né en 1949 dans le Poitou, Bernard Violet est, à 20 ans, lauréat de la Fondation Zellidja, avec son essai biographique consacré à Chazal. Il produit plusieurs émissions sur France Culture, dont une consacrée à notre génie national. Diplômé en journalisme de l?université de Bordeaux, il est reporter à France 3. En 1983, il est le seul journaliste français à convaincre Graham Greene d?un entretien de 90 minutes à la télévision. En 1985, il quitte la Côte d?Azur pour Paris, pour se spécialiser à TF1.
Il travaille, entre autres, avec Christine Ockrent pour l?émission Le Monde en Face. Journaliste indépendant depuis 1988, il collabore à une série de magazines, dont Le Point, Paris Match, VSD, France-Soir. Il est l?auteur de 14 ouvrages, parmi lesquels, L?Ombre d?une île ? Malcolm de Chazal (L?Ether Vague 1994).
De l?entretien à la bibliographie
Cet ouvrage rassemble sur 60 de ses 144 pages ? illustrées de nombreuses photographies du poète et philosophe, ? des entretiens réalisés durant une longue rencontre,?tous les jours pendant trois mois, lui m?acceptant, moi l?admettant?, confie Bernard Violet dans sa Préface. Il écrit, ?sa biographie pour lui n?a aucune importance. C?est par ses amis que j?appris qu?il était (?) d?une famille d?Auvergnats débarqués à Maurice en 1760??
Cependant, au long d?un jeu d?échanges, auquel prennent goût les interlocuteurs, s?installe une communication, comme une complicité, où se profile, saisissant, l?interviewé. Au gré des sautes d?humeur, des boutades, des sentences de Chazal, se rédige une biographie singulière. L?on assiste à l?émergence d?une figure, découpée par un dialogue au langage révélateur. Et, quand on sait que l?interviewer est, comme l?interviewé, écrivain, le langage de l?un et de l?autre, tout comme leurs références respectives, prennent une coloration autre.
Ce langage de questions et réponses livre alors au lecteur une double biographie. Il donne visage aux deux auteurs. Surgissement qui prend forme, tant à partir de divergences que de similitudes entre les deux, l?interviewer devenu, comme l?interviewé, le sujet des rencontres. Cela, sans sujétion chez Bernard Violet; tout juste quelque peu charmé.
La passion du journaliste-écrivain se révèle. Un feu qui anime et dévore les 20 ans du Prix Zellidja, souffle indispensable à ses jours, traquant, pour exemple, un auteur des plus atypiques, quotidiennement pendant trois mois; et se prêtant à son humour cinglant. Chez Malcolm, la vie est restituée comme une suite ininterrompue de la pratique de sa religion, la poésie.
A l?extrême opposé du cartésianisme, une vie régie par l?intuition, par la perception; vie entre temps et in-temps; qui tend à remettre l?homme dans la vie, à le replacer dans ?l?existence magique?.
Un exemple, à la fois de référence et de divergence, serait l?assertion de Bernard Violet au sujet d?un prédécesseur à Chazal, qui serait, selon lui, Saint-Exupéry, grand humaniste, aimant les étoiles et les enfants. Il lui rappelle la fleur du Petit Prince. La réponse explose : ?Mon ami, vous êtes un être faussé par la littérature, comme, d?ailleurs, tous les Français(?) coupant les cheveux en quatre. Vous êtes Cartésien! Et pour vous, les joies sont des joies intellectuelles. (?) La fée, ce n?est pas le petit Prince. La fée, c?est la fleur.?
Quelle influence ont eu sur vous votre père et votre mère ? La réponse de Malcolm à cette question jette un éclairage piquant sur sa vie, dès sa conception même, pourrait-on dire. L?on apprend qu?il a grandi entre ?deux opposés?, un père utopiste, au raisonnement complètement faux, et à l?imagination débridée; un poète acheteur d?îles, s?occupant de cocoteraies, avec son bateau, Le Tenant.
?ll était le seul homme à faire des affaires pour s?amuser. Ma mère était le bon sens même, la volonté et ainsi de suite.? Ses frères et s?urs freineraient leur originalité. Alors que lui, ayant eu l?audace de vivre la sienne, se trouvait ?en opposition complète avec la société mauricienne?.
?Mais, le poète était en moi toujours?. Dès l?enfance, l?arbre est un ami qu?il serre dans ses bras; les coraux, des êtres. ?Je voyais la vie en enfant. (?) Me poser des questions sur mon enfance n?a aucun sens. Le lien poétique est du début à la fin?, conclut Malcolm.
Jeanne GERVAL-AROUFF
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