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David se récrie sur la «réécriture» de l?Histoire

18 août 2006, 20:00

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« Un chasseur ne peut pas écrire l?histoire d?un lion.» C?est ainsi que James Burty David, directeur de la communication du Parti travailliste (PTr), a mis en garde contre toute tentative de réécrire l?histoire du parti.

C?était hier, au quartier général du PTr au Square Guy Rozemont, Port-Louis, à l?occasion de la commémoration du 121e anniversaire de la naissance de feu Emmanuel Anquetil, considéré comme le «père du syndicaliste local».

«Il ne faut pas perdre de vue l?histoire de notre parti. Il est né dans le c?ur de la domination de l?oligarchie. Ziska zordi bane gros palto industrie sucrière éna mentalité domination», déclare David en présence de l?état-major du PTr.

«On va dire dans quelques jours que feu Sir Seewoosagur Ramgoolam était contre l?indépendance du pays. Ne tombez pas dans ce piège», prévient-il. Il rappelle que le PTr est né en 1936 lorsque le pays était en pleine agitation. Les années 1937 et 1938 furent marquées par une série de grèves à travers le pays. Emmanuel Anquetil, membre du parti était à la tête des événements.

Sa capacité à mobiliser les travailleurs obligea le gouvernement anglais à l?exiler en Angleterre. Mais ce n?était que partie remise, car le contrôle échappait aux autorités et il a fallu ramener Emmanuel Anquetil.

Il prend la présidence du PTr de 1941 à 1946, exige le changement de la Constitution pour que tous les citoyens de Maurice aient le droit de vote. «Aujourd?hui on peut dire que nous sommes tous des héritiers de feu Emmanuel Anquetil».

Augmentations salariales

Pour Vasant Bunwaree, membre du bureau politique du PTr, Emmanuel Anquetil était un «chasseur de liberté», «un aventurier». Il a débuté sa carrière comme matelot et a visité plusieurs pays en Asie, Europe, en Amérique. Il met ensuite le cap en 1912 sur l?Angleterre. Il commence alors à s?intéresser à la lutte syndicale.

Il constate que le droit de grève est illégal dans plusieurs pays. De retour à Maurice, il lance la société des travailleurs de bienfaisance de l?île Maurice. Il revendique notamment un «employment hardship allowance, un Labour Department», etc. Il obtient pour les travailleurs une augmentation salariale de 10 % en 1938.

Emmanuel Anquetil a été aussi à la base de la création de plusieurs syndicats dans l?industrie sucrière et dans le port. Il a réussi en 1946 à regrouper 16 syndicats au sein d?une fédération appelé le Trade Union Congress. Le grand tribun meurt le 29 décembre 1946.

Quelque 5 000 personnes assistent à ses funérailles. Selon Vasant Bunwaree, le Bureau international du travail a reconnu sa contribution à l?émancipation de la classe des travailleurs.

«Sa mort fut un coup dur pour le mouvement syndical. C?était un grand patriote, un homme de c?ur, et un fin stratège», a conclu Vasant Bunwaree. Pour le syndicaliste Fritz Thomas, ce grand tribun était un «syndicaliste chevronné», voire un véritable «défenseur des droits de l?homme».

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