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Danseuse engagée de cité Barkly
Du haut de ses 22 ans, Joëlle Rabot est une jeune femme très active qui donne un maximum d?elle-même pour les autres et qui garde la tête bien sur les épaules.
Assistante-directrice du Centre of Learning de Barkly depuis peu, Joëlle passe son temps libre à faire du volontariat. Elle donne notamment des cours de danse à l?école complémentaire de Barkly. Le groupe Cut Dancers, les filles engagées pour un meilleur avenir (FEMA) ? organisme dont elle est à l?origine ?, et Espoir Revivre Barkly (ERB) ? groupement d?aide et de soutien aux toxicomanes du quartier ? qui rythment son quotidien.
Elle est aussi vice-présidente de l?Association de développement communautaire de Barkly (ADBC), qui co-gère le Centre of Learning, organise des activités pour les gens de la cité et diffuse l?information à travers un réseau de 80 éclaireurs, essentiellement les parents des enfants de l?école complémentaire, qui quadrillent le quartier.
Joëlle jongle avec toutes ces activités et semble pleine d?énergie? Cette jeune femme ?croque la vie à pleines dents?comme elle dit. Cette véritable histoire d?amour qu?elle a avec le volontariat a commencé à l?école complémentaire de Barkly il y a cinq ans. ?Le volontariat a vraiment changé ma vie, ça m?a apporté du courage, de la force, ça m?a permis de m?affirmer. Ce besoin d?aller vers l?autre brûle en moi ! Quand je m?engage, ça vient du c?ur, je ne réfléchis pas, je m?engage !?
Cette histoire a commencé lorsqu?elle a monté une troupe de danseuses amateurs avec son amie Roxane dans le cadre d?activités organisées par l?école complémentaire. ?J?ai réalisé qu?il y avait une véritable demande pour un cours de danse tout au long de l?année pour que les filles de la cité aient un cadre où partager cette passion qu?elles ont pour la danse.? C?est ainsi qu?est née la troupe de danse de l?école complémentaire de Barkly, le Cut Dancers. Trois groupes allant des seniors aux minis, dont Joëlle est en charge chaque semaine bénévolement et qui remportent un vif succès.
Fan de séga et de musique locale, Joëlle danse depuis sa plus tendre enfance. ?J?ai ça dans le sang.? Elle veut continuer à exercer cette passion librement, tout en gardant du temps ?pour faire du social?. Mais si elle ne rêve pas de briller sous les projecteurs, ses cours ont ouvert des perspectives à certaines de ses danseuses qui se mettent, comme Elodie, à rêver de devenir danseuses professionnelles ou chorégraphes.
Des spectacles, elles en font plusieurs fois par an, surtout dans le cadre d?activités organisées par l?école complémentaire ou du Centre of Learning. Joëlle gère la troupe, mène la coordination, finalise les détails de la chorégraphie et s?occupe de costumes, accessoires, sponsors et maquillage. Permettant une reconnaissance de leur travail et de leur passion, les spectacles sont des moments importants pour la troupe.
?J?ai pris confiance en moi?
Les Mini Cut Dancers font particulièrement la fierté de Joëlle. Ces 15 jeunes filles de quatre à neuf ans se déhanchent dans leurs robes de séga et improvisent des pas à leur propre initiative. ?C?est magique de pouvoir faire briller des étoiles dans les yeux de ces enfants.?
Par les Cut Dancers, Joëlle a monté bien plus qu?une classe de danse. Ces filles de la cité sont aussi venues trouver dans ce cours un moyen de développer leur sens de responsabilité et la confiance en soi. Elodie témoigne : ?avant j?étais très timide. Depuis, je me suis fait des amies et je suis plus ouverte, j?ai pris confiance en moi. Ce sont comme des s?urs pour moi, on s?encourage, on se conseille...?
Joëlle constate qu?il est important de mettre plus de loisirs à la disposition des jeunes.?Beaucoup de jeunes des cités ont des talents, et s?ils n?ont pas l?occasion de les montrer et de s?exprimer, ils finissent par se tourner vers autre chose?? Il est sous-entendu que cet autre chose, c?est la drogue ou la délinquance.
Le FEMA, dont Joëlle est également à l?origine, permet aux jeunes filles de Barkly d?avoir un cadre dans lequel se rencontrer, partager leurs expériences et connaissances. ?Je voulais créer un groupe dans lequel elles sont libres de s?exprimer sur des sujets qui sont parfois tabous à la maison ou à l?école.?
Voulant aider les adolescentes de sa cité en proie à des problèmes tels que les grossesses précoces, Joëlle a créé ce groupement et organise par exemple des formations sur la sexualité, la puberté et l?adolescence avec l?intervention du Mouvement d?Aide à la Maternité. ?Elles vont les yeux fermés vers une sexualité sans s?en rendre compte. C?est très important que ces filles aient une vision de leur avenir, qu?elles pensent à demain.?
ERB, autre groupement auquel elle participe, est né à la suite d?une formation suivie avec le Centre de Solidarité. ?Les toxicomanes ont besoin d?un accompagnement. Ils ont besoin d?être aidés pour sortir de ce fléau et se réinsérer dans la société. Même s?ils viennent vers nous avec la volonté d?arrêter, ça ne se fait pas du jour au lendemain et leur environnement est très important. Ils peuvent replonger facilement.? Joëlle a pu aller au-delà du mur qui était dressé devant les toxicomanes. ?J?ai pu voir qu?ils avaient plein d?amour à offrir, ça a vraiment changé mon regard sur eux.?
Maya de Salle ESSOO
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