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Danse rivière dense

12 septembre 2008, 20:00

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Danse rivière dense

Des corps s?élancent, s?avancent, s?étirent. Décor neutre, innocent, fragile. De l?eau qui coule sur les fronts? Une goûte d?eau donne une rivière. Dos à dos pour se donner de l?élan. De l?endurance dans les jambes. Des bras qui se déploient pour caresser la berge.. Emporter dans un spiral de sensations. La danse est dense? Sur plusieurs fréquences, le regard pointe vers l?immensité du large. A bras le corps, en accord avec le rythme? Les hanches tranchent l?eau douce. Ramer en silence, user de son corps comme une barque pour couper l?étendue d?eau.

Lent, brusque, rapide, violent.. c?est la valse des émotions, de sentiments qui transpirent dans les gestes, les mouvements, pour faire appel à la dérive d?une société submergée par des fléaux qui l?asphyxie et qui l?étouffe. Suffocation, manque de respiration? Elle coule en acceptant sa pénitence. La rivière gardera ses secrets dans ses eaux troubles. Flow the river, ce message d?espoir pour une génération saine et motivée, s?engage dans un nouveau souffle pour mener le bateau vers la mer. L?éphémère est banni. L?espoir permis.

<B> Anamah à Mada</B>

Proposée en décembre dernier au théâtre de Port-Louis, Flow the river sera la création retenue pour être présentée au festival de danse international I?Trôtra. Une chorégraphie «très épurée. On va plus dans la danse contemporaine avec une technique qui va chercher autour de la virtuosité?» Jeant-Renat Anamah a été invité à ce festival malgache pour la prestation de sa création et participera aussi à des débats/conférences sur la danse. Le seul bémol à cette aventure, souligne Jean-Renat, c?est l?indifférence des autorités envers les artistes. Il y a un manque de soutien palpable qui tue l?art dans sa création. «Cela fait longtemps qu?on existe et on est toujours ignoré», observe le chorégraphe.

I?Trôtra, qui signifie «se rencontrer» en dialecte betsimisaraka, a été mis en place dans le but de pérenniser des rencontres culturelles au niveau national, régional, international, ainsi que de développer la danse à Madagascar. Ce festival de danse contemporaine débute le 25 septembre et se poursuivra à Tana jusqu?à la première semaine d?octobre. Une initiative de la Compagnie Vahinala. Par ailleurs, Jean-Renat Anamah travaille sur une nouvelle création qui sera présentée en décembre. Il sera entouré de ses deux comparses habituels ainsi que d?un nouvel élément. C?est avec «ce jeune danseur que cet opus a pris son envol,» dit Jean-Renat Anamah. Nous y reviendrons.

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