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Dans l?attente d?une baisse

21 septembre 2008, 00:00

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Vendredi 19 septembre dans un supermarché des Plaines-Wilhems. L?attention de Marie L. est attirée par une bande annonce que diffuse un écran plasma. « Tiens », dit-elle à son mari. « Hier à Londres, le baril de pétrole qui sera livré en novembre était vendu à 89,20 dollars.

Si la State Trading Corporation passe sa commande maintenant, les produits pétroliers pourraient connaître une baisse à Maurice. » D?un air sceptique, son mari lui répond : « Et tu veux me faire croire que cette baisse sera répercutée proportionnellement à la pompe. Cesse de rêver ! »

Quoi qu?en pense le mari de Marie L., Mosadeq Sahebdin, porte-parole de l?Institute for Consumer Protection (ICP) et Jayen Chellun, secrétaire de l?Association des Consommateurs de l?île Maurice (ACIM) estiment que le v?u de son épouse est tout à fait légitime. « Toute situation de baisse du pétrole sur le marché mondial devrait constituer une excellente occasion pour muscler notre combat contre l?inflation », soutient Mosadeq Sahebdin. « La baisse devrait être répercutée de façon proportionnelle à Maurice », ajoute, pour sa part, Jayen Chellum.

« Le marché est asymétrique »</B>

Cependant, rien n?est moins sûr. Car le marché du pétrole a ses spécificités. Lorsqu?il y a une hausse, c?est le consommateur qui en fait les frais. Et lorsqu?il y a une baisse, la répercussion de celle-ci ne se fait pas toujours avec empressement. D?ailleurs, Chandan Jankee, professeur associé à l?université de Maurice dans les domaines des finances et des banques, reconnaît l?existence de ce phénomène. « Cela a été prouvé. Le marché est asymétrique. »

Toutefois, depuis 1988, c?est la toute première fois que le pétrole enregistre une telle chute. En quatorze séances, le prix n?a pas cessé de dégringoler. Il y a tout juste deux mois, il était à 147 dollars. Et en septembre, il est descendu à 89,2 dollars. Ainsi, les consommateurs attendent les techniciens de l?Automatic Pricing Mechanism (APM) au tournant.

Le dernier recours à cet instrument de calcul et de fixation du prix des produits pétroliers, qui s?appuie sur des données réelles telles le taux de change de la roupie, le prix des produits pétroliers du trimestre, a eu lieu en juillet.

Et le prix de l?essence était passé de Rs 41,50 à Rs 49,50 le litre et celui du diesel de Rs 35,60 à Rs 42,70 le litre. Entre-temps, le coût du baril a connu une chute spectaculaire et le prochain recours à l?APM, qui aura lieu en octobre, sera déterminant pour les consommateurs.

De son côté, Ranjit Singh Soomarooah, General Manager de la STC, explique qu?« il y a trois ans, le cours du baril tournait autour des 40 dollars. En juillet, il a atteint 147 dollars, soit une hausse de 267 %. Plus le baril est cher, plus la note d?importation est salée ». En effet, la note d?importation pour l?ensemble des produits pétroliers de juillet 2007 à juin 2008 était de Rs 25 milliards. Et pour 2004-2005, elle était de Rs 11 milliards.

Il n?est pas dit que cette chute du prix du baril ne va pas se poursuivre. En tout cas, la déconvenue financière que connaissent certaines banques des Etats-Unis n?est pas de bon augure. La bourse mauricienne comme cela a été le cas pour les autres places boursières d?ailleurs, a déjà ressenti les secousses de cette débâcle.

La perspective d?un ralentissement à tendance planétaire ne fait pas rire non plus. Elle entraînerait potentiellement une baisse de la demande des produits de consommation. Celle-ci peut à son tour provoquer une baisse de production de même qu?une réduction de la demande pour le pétrole, ingrédient indispensable sur les chaînes de production.

Une source de revenu non négligeable</B>

Le prix du baril sur le marché mondial influence le coût des produits pétroliers à Maurice. La vente de ces produits constitue une source non négligeable de revenu pour l?Etat.

Est-ce que ce dernier est disposé à réduire la taxe qu?il perçoit dessus ? À charge pour les gestionnaires de l?APM de trouver, d?ici octobre, le juste équilibre entre sa responsabilité de stabiliser le marché des produits pétroliers. Et la prise en compte du souhait pressant des consommateurs de tirer le plus d?avantages possibles de la spectaculaire baisse du baril.

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