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D-Day : Bush et Chirac exaltent l?amitié franco-américaine
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D-Day : Bush et Chirac exaltent l?amitié franco-américaine
Jacques Chirac a exprimé ?la reconnaissance éternelle? de la France à l?Amérique pour la Libération de 1944, saluant en présence de George W. Bush ?une amie de toujours? mue par ?la même passion de la liberté et du droit, de la justice et de la démocratie?. Présent à l?occasion d?une cérémonie au cimetière américain de Colleville-sur-Mer marquant le lancement des célébrations pour le 60e anniversaire du Débarquement de Normandie, le président américain George Bush, a de son côté répliqué que l?alliance forgée entre les Etats-Unis et l?Europe au cours de la Seconde guerre mondiale demeurait ?forte et nécessaire?.
Sans évoquer le conflit irakien, le président français a souligné que ?le glorieux combat? du ?D-Day? imposait ?un devoir pour le présent? fondé sur ?une vision de l?homme et de sa dignité?.
Au total, 9 386 GI tombés lors du Débarquement sont inhumés dans ce cimetière proche de la plage d?Omaha Beach. Après avoir déposé une gerbe en leur mémoire, Jacques Chirac, puis George W. Bush, ont prononcé une allocution exaltant l?événement devant plusieurs centaines de personnes, dont des vétérans américains. En arrière-plan se détachaient les croix blanches des tombes des ?combattants de la Liberté?, devant lesquelles étaient plantés deux petits drapeaux français et américain.
?Au nom de chaque Française et de chaque Français, je veux dire la reconnaissance éternelle de notre nation, la dette sans égale de nos démocraties?, a dit Jacques Chirac. La France, a-t-il poursuivi, ?n?oubliera jamais ce qu?elle doit à l?Amérique, son amie de toujours, à tous ses Alliés grâce auxquels l?Europe enfin réunifiée vit dans la paix, la liberté et la démocratie?.
Après les crispations diplomatiques sur l?Irak, Jacques Chirac a marqué la volonté de réconciliation de la France avec les Etats-Unis en insistant sur leur héritage commun : ?la même passion de la liberté et du droit, de la justice et de la démocratie.?
?Aujourd?hui comme hier, cette amitié, faite de confiance, d?exigence et de respect mutuel, reste intacte. L?Amérique est notre alliée de toujours, une alliance, une solidarité d?autant plus forte qu?elles se sont forgées durant ces heures terribles?, a poursuivi Jacques Chirac, évoquant ?la barbarie? du 11 septembre 2001.
?Notre grande alliance est forte et demeure nécessaire aujourd?hui (?) Les nations qui ont libéré l?Europe allaient devenir après cette bataille des alliés pour la paix et on a besoin de cette même alliance aujourd?hui?, a déclaré le président américain. Ce dernier a rappelé que ?la France a été le premier ami des Etats-Unis d?Amérique?.
Dans un discours nourri d?anecdotes sur les soldats de la liberté du 6 juin 1944, sans aucune référence directe à la situation actuelle en Irak, George W. Bush a affirmé que les Américains restaient ?fiers? du Débarquement. ?Le summum, c?est que l?homme peut sacrifier sa vie pour ses amis. L?Amérique honore tous les libérateurs qui ont combattu ici pour la cause la plus noble et l?Amérique recommencerait pour ses amis.?
?Sur l?ensemble de l?Europe, les soldats américains ont partagé le fardeau avec les Britanniques, les Canadiens, les Tchèques, les Polonais et d?autres et ont petit à petit libéré l?Europe des nazis et nous sommes devenus des alliés inséparables?, a précisé George W. Bush. Le président américain a aussi rendu hommage à la résistance française, qui a ?défié? les mises en garde de l?armée allemande contre toute aide apportée aux alliés.
Après une cérémonie franco-britannique au cimetière de Bayeux en présence notamment de la reine Elizabeth II et de Tony Blair, Jacques Chirac et son épouse Bernadette devaient accueillir les délégations étrangères à Caen où se déroulera un déjeuner des 23 chefs d?Etat et de gouvernement présents.
Le point d?orgue de ces commémorations sera une cérémonie internationale à Arromanches, suivie d?une cérémonie française à Ouistreham puis d?une cérémonie franco-allemande au mémorial de Caen où le premier dirigeant allemand a été invité aux célébrations du ?D-Day?.
NORMANDIE
<B>L?Allemagne se rend chez ses anciens ennemis</B>
- Le Chancelier, Gerhard Schröder, a rendu une visite en Normandie, hier. Il s?est ainsi joint aux ennemis historiques des nazis, lors des cérémonies du 60e anniversaire du Débarquement. Schröder a fait profil bas lors de la cérémonie franco-allemande mais a, plus tard, déclaré que c?était bien que l?Allemagne ait perdu la bataille et la guerre. ?La victoire des Alliés n?était pas une victoire sur l?Allemagne mais une
victoire pour l?Allemagne?, écrit Schröder dans le journal ?Bild am Sonntag?. ?C?était un triomphe sur le régime criminel des nazis qui avait tourné le meurtre en un procédé industriel.? La visite de Schröder était quand même controversée. Il a été critiqué car il n?a pas visité le principal cimetière allemand,
La Cambe, où 20 000 Allemands sont enterrés. Mais pour Schröder l?ère de l?après-guerre est terminée : ?L?Allemagne est consciente de ces péchés commis dans le passé et a appris d?eux.? Le Chancelier allemand s?est défendu d?être ?antipatriote? après des accusations portées par l?opposition. ?Je rends bien sûr hommage aux morts allemands?, a affirmé Schröder. Ce dernier a demandé à l?opposition de ne pas exploiter cette présence historique à des fins politiques. Schröder est le premier Chancelier allemand à assister aux cérémonies commémorant le débarquement des Alliés en Normandie le 6 juin 1944, qui précipita la fin du régime nazi et de la Seconde Guerre mondiale. ?Le souvenir du passé doit toujours rester vivace si l?on veut construire une Europe pacifique. Il faut moins parler de culpabilité et beaucoup plus de la responsabilité à l?égard des générations futures?, a conclu le Chancelier.
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