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Détresses négligées?
Le 19 juin. Joyce Constant voit s?approcher cette date la mort dans l?âme. Il y a un an, son bébé mourait dans son ventre. Quand, 12 heures après, le personnel médical le lui enlevait, elle voyait aussi s?envoler sa chance d?avoir un autre enfant. Depuis, elle attend de savoir qui a fauté.
Cela fait plus d?un an que Mario Mootoosamy attend aussi de savoir quelle est la responsabilité de l?État dans le décès de son fils Michael.
Il souffrait d?une tumeur au poumon. À deux reprises, l?opération est renvoyée malgré l?urgence. Il ne passera pas au bloc opératoire à temps.Deux détresses. Deux angoisses.
« Au ministère, on m?a dit que le cas passerait devant le Medical Council en février dernier, mais je n?ai eu aucune nouvelle jusqu?ici », se lamente Joyce. « J?ai dû passer une centaine de fois au ministère, mais on me répond à chaque fois que l?enquête est en cours, sans aucune autre information », renchérit Mario.
Plus grave. Ces douze derniers mois, 44 cas de négligence médicale ont été rapportés au Medical Council. Seuls 12 ont été fully investigated. Pourquoi tout ce temps ? Pourquoi cela prend-il autant de temps pour écouter les explications du personnel médical impliqué, qui n?est jamais très nombreux ?
Jean-François Sévathian, dont la s?ur est décédée après une césarienne d?urgence, le 12 mars 2004, a une réponse : un problème de communication. « Une anomalie n?avait pas été décelée. Six mois plus tard, je n?avais toujours pas de réponse sur l?origine de son décès. Le 30 août 2004, mo avoy zot enn let pou demann zot kot lenket inn arrive. Plis ki sink moi apre, le 16 fevriye, mo gagn enn repons. Zot dir moi lenket ine fini, ek finn refer ka minister lasante. »
Il n?aura pas plus d?informations : il n?est pas en droit, lui dit-on, de recevoir une copie du rapport. Ce n?est, qu?après avoir participé à une manifestation le 16 mars dernier, qu?on lui avouera qu?il y a des choses « qui auraient dû être faites, qui ne l?ont pas été dans le cas d?Héléna Harel ».
Jean-François Sévathian pourrait ne pas se tromper. Car le Dr Deepchand, registrar au Medical Council, affirme que les enquêtes des cas Mootoosamy et Constant sont? terminées. Il affirme que le Medical Council en discutera à sa prochaine rencontre le 6 juillet. Derrière le problème de communication, il y a des procédures qu?il convient d?assouplir.
Le cas d?Héléna Harel illustre cette lourdeur bureaucratique. «Quand le Medical Council finit son enquête, il réfère les conclusions au ministère de la Santé. Ensuite le ministère va voir s?il faut envoyer le cas de ma soeur à la Public Service Commission ou au Medical Disciplinary Tribunal. »
Des amendements au Medical Council Act 2002 font l?objet de discussions entre le Medical Council et le ministère de la Santé. Deux réunions ont déjà eu lieu. Entre-temps, les victimes attendent toujours.
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