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Dérisoires
Maurice a des allures de Petit Poucet aux Nations unies. Certes, cela ne devrait pas nous empêcher de faire entendre nos revendications mais il faut bien accepter que notre voix est faible dans ce bruyant concert qu?est l?assemblée générale de cette organisation. Depuis plus de vingt ans nous ne cessons de faire pression pour recouvrer les Chagos et Tromelin. En vain. Il faut relativiser la portée des propos que tiennent nos dirigeants à la tribune de l?Onu.
En général ? l?actualité récente le démontre amplement ? il est faux de penser qu?une ?diplomatie économique? revigorée peut nous aider à faire avancer nos causes même lorsque nos intérêts ne coïncident pas avec ceux des grandes puissances. Nous devons nous rendre compte que l?influence des nations est proportionnelle à la taille de leurs économies, pas à la qualité de leurs dirigeants. Peu importe les énergies déployées sur le front diplomatique, peu importe la justesse de nos revendications, nous ne pouvons rien contre les décisions unilatérales des seuls maîtres du jeu.
Sur la question de Diego, l?ancien régime avait haussé les enchères, menaçant d?aller devant la Cour internationale et de se retirer du Commonwealth. La Grande-Bretagne est restée impassible devant cela. Elle a poussé l?affront jusqu?à refuser de rencontrer le Premier ministre d?alors.
Notre revendication portant sur Tromelin a buté contre la même intransigeance. ?Sur la question de Tromelin, il n?y a pas d?accord, pas de terrain d?entente entre la France et Maurice?, professait l?ancien ambassadeur français Henri Vignal. Un confrère réunionnais, Alain Dupuis (?Journal de l?île de la Réunion?) va plus loin. Il qualifie de ?gesticulations dérisoires? les revendications territoriales des pays comme Maurice, Madagascar et les Comores et parle des ?faibles moyens de pression des pays concernés? auxquels la France n?accorde ?aucune attention?.
Le dossier sucre n?est pas traité avec plus de douceur par les Européens. De Bruxelles à Kisumu, au Kenya, le ministre Arvin Boolell a tenté d?intensifier le lobbying mauricien pour que la baisse du prix garanti soit inférieure à 39 %. Comme son prédécesseur, le ministre a expliqué les dangers auxquels est exposée notre industrie-mère. La Commission européenne reste sourde à ses appels.
Le Premier ministre n?a pas eu plus de succès. Tony Blair a refusé de le rencontrer à New York. Un journal caribéen, le ?Carib News?, rapporte que ?St. Lucia?s Prime Minister and the President of Mozambique had requested a meeting with Blair along with leaders of Fiji, Mauritius and other major sugar-producing states, to discuss the plight of the industry? he turned down the call?.
De même, le ministre Madan Dulloo, qui a pris son bâton de pèlerin depuis juillet, se trouve dans de sales draps. Son plaidoyer en faveur du textile est infructueux. Nous ne parvenons pas à obtenir un prolongement de la dérogation à la clause de l?Agoa relative aux vêtements fabriqués avec du tissu provenant d?un pays tiers.
Territoires excisés, sucre, textile? nos voix sont inaudibles. Mahmood Cheeroo, de la Chambre de commerce et d?industrie, résume parfaitement la situation dans ?l?express? du 27 juillet. Brossant un tableau de nos déboires sur le plan du commerce international, il conclut que ?Maurice prêche dans le désert?.
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