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Débats sur la légalisation de l’avortement : médecins et avocats révèlent des lacunes
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Débats sur la légalisation de l’avortement : médecins et avocats révèlent des lacunes
Le projet de loi sur la légalisation de l’avortement dans certains cas précis a fait l’objet de débats entre médecins et hommes de loi dans la soirée du 23 mai à l’Université de Maurice. Ces professionnels ont relevé des lacunes et demandent que des modifications soient effectuées avant que le projet ait force de loi.
Le gouvernement ira de l’avant avec les lois en faveur de l’avortement. C’est ce qu’a confirmé Yatin Varma, Attorney General. Ce dernier promet de prendre en considération les lacunes dont ont fait part les médecins et légistes présents au forum-débat. Cependant, il assure « qu’un premier pas en faveur des amendements est nécessaire pour offrir le choix aux femmes ».
En effet, pour la majorité des médecins qui sont intervenus, l’avortement dans certains cas précis devrait être légalisé. Le Dr Zeenat Aumeerally, membre du panel des intervenants, explique qu’une telle décision gouvernementale doit être prise mais qu’il faut encore revoir les guidelines. Par exemple, elle souhaite que les critères autorisant un médecin à pratiquer l’avortement soient plus précis surtout quand cela concerne les spécialistes qui pourraient repérer des anomalies chez le fœtus ou encore évaluer le danger qu’il représente pour la maman.
Le légiste Maneesh Gobin, favorable à l’avortement, explique toutefois que le projet de loi nécessite des retouches notamment en ce qu’il s’agit des provisions en cas de viol ou d’inceste.
Jean Yip Tong, membre de la Plate-forme pour la vie, organisation qui milite contre l’avortement, est intervenu sur ce point, justement. « Que se passe-t-il si une femme ou une jeune fille va voir son médecin en prétendant avoir été violée pour avoir recours à un avortement ? Le projet de loi précise que dans ces cas, les médecins peuvent pratiquer l’avortement si la mère affirme qu’elle a été violée », s’interroge le médecin.
Selon le Dr Chandra Shekar Ramdaursingh, la loi prévoit que deux médecins doivent juger si le cas de viol s’avère réel. « Nous comptons là sur l’intégrité des médecins. Si les médecins et toutes les parties concernées suivent les dispositions de la loi comme il se doit, il ne devrait pas avoir de problèmes. Il ne faut pas oublier que l’avortement n’est pas légalisé dans tous les cas », précise-t-il.
Le Dr Ramdaursingh a fait part à l’assistance d’un cas qu’il a eu à traiter et qui aurait nécessité un avortement pour éviter des conséquences graves sur la maman. « Une mère était à un stade avancé de cancer et elle est tombée enceinte. Elle a dû garder le bébé même si cela a eu des conséquences graves », ajoute-t-il.
Pour Pramila Patten, United Nations specialist on the Convention against all forms of discrimination against women, Maurice a un devoir de légaliser l’avortement en amendant le code pénal. Elle précise que le gouvernement a ratifié des conventions qui recommandent que les femmes obtiennent ce droit dans certains cas.
Dans une déclaration à la presse, l’Attorney General a affirmé, à nouveau, que le gouvernement irait de l’avant avec les amendements et que les réticences de certaines personnes se justifient par rapport au fait que ces amendements sont nouveaux.
« Nous prenons en considération les propositions faites par les professionnels. Mais il faut une première démarche. Notre objectif est d’offrir le choix aux femmes. Je ne vais surtout pas entrer dans le débat religieux », affirme Yatin Varma.
 
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