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C’est l’année Boonen !
Et l'Italie repart bredouille de Madrid. Les Transalpins, qui avaient pourtant la meilleure équipe avec un Paolo Bettini en grande forme, et un Alessandro Petacchi prêt pour le sprint, sont les grands battus de ce championnat du monde. La course qui s'est décantée dans les trois derniers tours a souri à Tom Boonen, le plus costaud des grands sprinters. Le Belge, après avoir réussi le doublé Tour des Flandres, Paris-Roubaix, devient champion du monde hier en devançant au sprint l'Espagnol Alejandro Valverde et le surprenant Français Anthony Geslin.
Boonen peut avoir le sourire sur le podium du championnat du monde. Le Belge qui fêtera ses 25 ans dans quelques semaines, en octobre, vient en effet d'ajouter une nouvelle ligne prestigieuse à un déjà très beau palmarès en s'offrant le maillot arc-en-ciel. Des trois grands favoris avec Alessandro Petacchi et Robbie McEwen, il est celui qui a répondu présent jusqu'au bout malgré trois derniers tours de course très animés.
Geslin l’invité-surprise
Plutôt qu'un sprint massif, c'est un groupe réduit qui s'est disputé la victoire. Le mérite de Tom Boonen, après une course d'attente, est d'avoir su rester placé pour faire l'effort au meilleur moment tandis que Petacchi, Zabel ou McEwen se faisaient piéger et allaient passer la ligne avec 35 secondes de retard.
“Je ne pensais pas que c'était possible dans le dernier tour. Je ne suis pas un vrai sprinter. Je suis donc resté dans l'aspiration. C'est que du bonheur”, expliquait le nouveau champion du monde plus puissant dans la dernière ligne droite qu'Alejandro Valverde. Devant son public, la révélation du dernier Tour de France, dont on pouvait douter de l'état de forme après une longue absence en compétition, se contente de la médaille d'argent comme en 2003 à Hamilton où il avait été devancé par son compatriote Igor Astarloa.
La vraie surprise se trouve sur la troisième marche du podium occupée par Anthony Geslin. Le Français, dont c'était la première participation à un championnat du monde, a fait parler sa pointe de vitesse pour réaliser une magnifique remontée dans la dernière ligne droite qui lui permet de décrocher la médaille de bronze, six ans après Jean-Cyril Robin, bronzé lui aussi à Vérone.
Le titre mondial s'est joué à trois tours de l'arrivée, à environ 50 kilomètres de la ligne. Dans les dix premiers tours, à l'exception de l'échappée des deux coureurs de Crédit Agricole Saul Raisin et Dimitri Muravyev, rien de notable n'était à signaler. Et tandis que l'équipe d'Italie avait la main sur la course et que l'on semblait s'acheminer vers une arrivée au sprint idéale pour Alessandro Petacchi, l'équipe espagnole décidait de faire exploser la course. Martin Perdiguero puis Pereiro et Valverde passaient à l'attaque et se formait bientôt un groupe d'attaquants haut de gamme composé de Davis, Martin Perdiguero, Lagutin, Calcagni, Gilbert, Piil, Wegmann, Devolder, Valverde et surtout Bettini.
En se glissant dans l'échappée, le champion olympique mettait en route le plan B de la squadra azzura. Dans une position idéale, le grillon restait à l'abri et pouvait déjà rêver au maillot arc-en-ciel qui lui échappe jusqu'à maintenant. Les fuyards allaient compter jusqu'à 1'20 d'avance et les Français piégés à l'arrière tentaient de réagir. Alors que l'écart diminuait, Bettini sortait de sa réserve, suivi par Wegmann, Piil, Gilbert, Calcagni et Valverde. Mais à un tour de l'arrivée, le peloton avait repris le pouvoir.
Vinokourov y était presque
C'est alors qu'Alexandre Vinokourov tentait sa chance, se souvenant sans doute de la façon dont il avait enlevé l'étape des Champs-Elysées sur le dernier Tour de France. Le Kazakh faisait forte impression mais Bettini et Boogerd restaient à ses basques puis Moerenhout, Serrano et Stangelj revenaient à l'avant. Dans le dernier virage, Vino était encore en tête mais à 400 mètres de la ligne, il était repris par un premier peloton.
La suite, on la connaît avec cette démonstration de puissance de Boonen. Le Belge réalise une saison extraordinaire débutée par deux victoires en janvier dernier au tour du Qatar, saison poursuivie au printemps avec ce doublé magnifique Tour des Flandres-Roubaix puis cet été avec deux victoires d'étape dans le Tour de France...
Johan Museeuw, dernier Belge champion du monde, en 1996, fait désormais bien partie de l'histoire...
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