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Côte d''Ivoire: peut-on éviter la guerre?
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Côte d''Ivoire: peut-on éviter la guerre?
Le pays est très près aujourd''''hui de basculer dans la guerre civile. Et ni l''Union Africaine, ni l''ONU ne se sont donné les moyens d''empêcher un bain de sang, écrit notre confrère de SlateAfrique.
Selon SlateAfrique, les signes précurseurs d’une déflagration de grande ampleur s’accumulent de jour en jour.  En effet, la situation sécuritaire s’est brusquement dégradée  la semaine dernière semaine avec aux moins sept femmes abattues par des militaires fidèles au président sortant Laurent Gbagbo dans le quartier d’Abobo, au nord d’Abidjan. Plusieurs centaines de femmes s’était réunies pour soutenir Alassane Ouattara, reconnu par la communauté internationale comme le seul vainqueur du 2ème tour de la présidentielle, le 28 novembre. Depuis trois mois, les violences ont fait 356 morts.
Ces violences qui perdurent sont en fait les conséquences d’une grave crise post-électorale, rappelle notre confrère français. On se souvient qu’Ouattara a été déclaré vainqueur du 2ème tour, avec 54,1% des voix, par la Commission électorale le 2 décembre. Mais le conseil constitutionnel annule plus d’un demi-million de suffrages dans le nord, en raison d’irrégularités présumées, et proclame Gbagbo vainqueur avec 51,45% des voix. La quasi-totalité de la communauté internationale, dont l’ONU qui a certifié le scrutin, reconnaît pourtant très vite Ouattara comme seul vainqueur.
Fait nouveau, les affrontements entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara se sont étendues ces derniers jours à plusieurs quartiers: Anyama, Treichville mais aussi Yopougon, Cocody et Adjama. La situation est quasi insurrectionnelle à Abidjan. Les barrages des deux camps se multiplient dans les rues.
 « Mais le président sortant Laurent Gbagbo refuse de partir et défie le monde. (…) Il se moque des ultimatums (…) exigeant son départ. Il écarte d’un revers de main toute menace d’une intervention armée ouest-africaine. Son entourage se fait menaçant, rappelant que la Côte d’Ivoire accueille sur son sol des millions d’étrangers venant de toute l’Afrique de l’Ouest et qui pourraient être de faciles bouc-émissaires. Et surtout l’armée lui reste fidèle. Arme au pied, il reste donc vissé à son fauteuil présidentiel », écrit SlateAfrique.
Pour Washington, le régime Gbagbo est «à court de ressources» financières. Le carburant se fait de plus en plus rare, les denrées sont plus chères sur les marchés et le système bancaire est quasiment paralysé. Les opérations bancaires se font désormais à la main et sont donc très lentes. Les transferts d’argent, notamment de l’étranger, sont quasiment impossibles. Des PME ne peuvent plus payer leurs salariés.
Nul doute que Gbagbo s’est constitué de solides réserves. La Côte d’Ivoire est le premier exportateur mondial de cacao et les recettes du pétrole/gaz ont même dépassé ces dernières années celles de la fève… Mais combien de temps pourra-t-il durer ainsi?
 
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