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Cunningham veut déduire le salaire de Benydin

14 avril 2006, 00:00

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Présent à 30 %, payé à 100 %. C?est ce que le directeur des douanes, Bert Cunningham, reproche à Tulsiraj Benydin, président de la Fédération des syndicats du service civil (FSSC). Après l?apaisement, un nouveau bras de fer s?annonce donc entre les deux hommes.

Bert Cunningham accuse le syndicaliste-douanier de n?avoir jamais travaillé à plein temps durant ces cinq dernières années. L?enquête qu?il a menée lui fait affirmer que Tulsiraj Benydin n?a été présent, dans les locaux de la douane, qu?à 30 % seulement, pour marquer sa présence le matin et échanger quelques poignées de main avec ses collègues avant de s?en aller.

?Je me suis demandé où était M. Benydin ces cinq dernières années, alors qu?il a été payé et est toujours payé des fonds publics pour faire un travail précis. Que doivent penser ses collègues ?? s?interroge Bert Cunningham. Il estime que dans aucun pays au monde un syndicaliste responsable ne ?peut se comporter?de la sorte.

Il s?est donc renseigné auprès du ministère de la Fonction publique, qui lui dit d?appliquer la loi. Son interprétation de la loi amène Bert Cunningham à conclure qu?il pourra réclamer à Tulsiraj Benydin de rembourser Rs 500 000 de trop-perçu. Pour lui faciliter la tâche, le directeur des douanes compte très bientôt déduire au moins Rs 5 000 par mois sur une période de huit ans du salaire de Tulsiraj Benydin.

Mais le principal concerné ne l?entend pas de cette oreille. Il s?est référé à deux cas en cour. L?un a fait jurisprudence. Il s?agit de celui de feu Eddy Norton, ex-syndicaliste et haut fonctionnaire du ministère des Travaux, dont les salaires avaient été réduits parce qu?il avait fait grève et refusé d?exécuter des travaux que l?on lui avait imposés. La Cour suprême avait donné raison à la Public Service Commission de réduire son salaire, le Conseil privé a renversé ce jugement en donnant gain de cause à Eddy Norton. Les lords avaient notamment statué qu?on ne peut déduire le salaire d?un employé sans son consentement.

D?autre part, Tulsiraj Benydin a évoqué le cas du syndicaliste Jugdish Lollbeeharry, de la Government Teachers? Union, de qui on voulait ?contrôler le time off?. Il avait obtenu gain de cause à travers l?International Labour Organisation (ILO). Le président de la FSSC compte saisir l?ILO pour l?informer de cette démarche ?rétrograde? de Bert Cunningham qui se croit à l?époque ?esclavagiste où les travailleurs n?avaient aucun droit?.

Tulsiraj Benydin affirme que même une loi aussi rétrograde que l?Industrial Relations Act prévoit de temps libre à être accordé aux syndicalistes. Il estime que la démarche de Bert Cunningham vise à réduire son influence au sein de la Mauritius Revenue Authority pour qu?il ne défende pas les droits des employés de ce secteur. Il avance, d?autre part, qu?il a le soutien d?au moins 70 syndicats affiliés à la FSSC et menace de manifester si Bert Cunningham réduit son salaire.

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