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Création d?une base de données centralisée pour les crédits

14 octobre 2004, 20:00

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La Mauritius Banker?s Association est montée au créneau, hier, devant la commission d?enquête sur la vente à la barre. Elle a souhaité répondre aux nombreuses critiques formulées contre les banques. Le Chief Executive Officer, Aï1sha Timol, a annoncé la mise sur pied d?un Credit information bureau par la banque de Maurice. Cet organisme permettra la création d?une base de données des crédits accordés par les différentes institutions bancaires du pays.

?Toutes les informations sur les crédits seront acheminées vers cet organisme, pour lequel la nouvelle législation bancaire fait d?ailleurs provision. Ces éléments seront relayés entre les banques et autres institutions financières?, a expliqué Aïsha Timol. Cette annonce a été faite suite à une question du président de la commission d?enquête, Sir Victor Glover, qui demandait si les banques se concertaient pour identifier les mauvais payeurs.

Le président de l?association, Jacques de Navacelle, a répondu que?nous nous assurons toujours que le client a la capacité de nous rembourser. Mais bien souvent, ce dernier ne nous donne pas tous les détails sur ses autres emprunts contractés.?

?Règles contraignantes?

Il devait également insister :?la vente à la barre, à laquelle nous sommes contraints, n?est pas privilégiée par les banquiers. D?une part, c?est une procédure lourde, complexe, et d?autre part, nous n?obtenons jamais ce que nous souhaitons. Ainsi, puisque les banques sont perdantes, elles évitent cette procédure.?

Mais Jacques de Navacelle précise néanmoins que souvent les ?règles très contraignantes du régulateur, qui fait un suivi rigoureux des paiements et des non-paiements, nous laissent une marge de man?uvre extrêmement faible.?

Roselyne Rivet, un des conseillers légaux de la Mauritius Commercial Bank (MCB), aussi présente hier, estime que ?quand un dossier commence à s?essouffler au niveau de la banque, nous essayons de le sauver. Nous tentons de trouver des accords à l?amiable.? Sir Victor Glover lui a demandé quelle serait la réaction de la banque en cas de perte d?emploi, d?accident, ou de maladie. Elle a répondu que ?nous traitons des dossiers sociaux, que nous défendons auprès de la banque de Maurice.?

De plus, pour elle, la bonne recette est le contact maintenu entre le client et sa banque. ?Quand nous savons qu?il y a des problèmes, tels des abandons de paiements, nous pouvons ré-échelonner la dette. Il n?y a que les clients de mauvaise foi qui se trouvent dans des situations embarrassantes.?

Les questions du commissaire Yuvraj Tacoor concernaient principalement des aspects techniques, tels le penalty fee et le compound interest. L?association des banquiers l?a également rassuré que tous les liens entre le client et la banque ne sont pas coupés si le dossier est remis à un avoué. Devant les nombreuses plaintes des présumées victimes, qui ont allégué qu?elles ne connaissaient pas le solde de leur dette, Jacques de Navacelle a soutenu que ?les comptes sont toujours à la disposition des clients.? Les banquiers ont aussi affirmé que, contrairement à ce qui a été dit, les garants peuvent avoir accès aux détails sur les paiements.

Roselyne Rivet a apaisé une autre appréhension du commissaire Yuvraj Tacoor qui s?inquiétait de l?information au garant en cas de problème sur les paiements : ?Quand il y a des manquements dans les paiements, nous envoyons une lettre au client avec une copie aux garants.?

Fin des travaux

D?autre part, la famille Muthy, voulait, hier, répliquer aux propos de l?avoué Oosman Abbasakoor, mais la commission ne le lui a pas permis. Salim Muthy, se confiant à l?express, conteste la date à laquelle Oosman Abbasakoor a dit qu?il a saisi ses biens. ?C?est la State Bank qu?il l?a fait en 1992. De plus, il dit que mon père a transféré un terrain en mon nom pour ne pas payer l?enregistrement. J?ai donné un document à la commission prouvant le contraire. Il n?a pas été exact dans ses propos sur la date à laquelle j?ai vendu mon terrain. Il affirme que c?est après les procédures de l?outbidding. Or, c?était avant?De plus, Salim Muthy s?est senti ?blessé? que l?avoué ait fait des ?attaques personnelles contre sa famille.?

Les travaux de la commission, commencés le 10 août, ont pris fin hier. Quelque 200 témoignages ont été entendus lors de la quinzaine de séances. Sir Victor Glover et ses deux assesseurs rendront une visite à la Master?s Court, un jeudi après-midi, pour assister à une séance de vente à la barre. Une des faiblesses majeures du système, selon Sir Victor Glover, est que la ? procédure est trop coûteuse et compliquée?.

Les conclusions de la commission d?enquête sont attendues à la fin de novembre.

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