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Croissance et marchés actions en 2004

20 janvier 2004, 20:00

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Le retour de la croissance est la très bonne nouvelle que le monde attendait depuis la fin du dernier millénaire. On s?attend pour 2004 à plus de 4% de croissance aux Etats-Unis, 2.8 % en Grande Bretagne, 2.1 % au Japon, 1.9% dans la zone Euro et entre 7 % et 10 % dans les pays asiatiques les plus dynamiques.

Le principal vecteur d?influence de la croissance mondiale se situe aux Etats-Unis. Dès que la croissance américaine est repartie en 2003, l?ensemble de l?économie mondiale a poussé un ouf de soulagement et l?optimisme s?est propagé. Les entreprises et les ménages américains ont repris confiance au milieu de l?année 2003 et cela a eu pour effet de décupler les espérances asiatiques et redonner un peu de baume au coeur de l?Europe en crise, probablement de longue durée.

Les profits des entreprises connaissent actuellement des taux de progression nettement au-dessus de la moyenne à long terme, symbolisée par le taux de croissance nominal. Aux Etats-Unis par exemple, ce taux se situe autour de 6 %, ce pourcentage étant constitué de 3.5 % de croissance réelle et de 2.5 % d?inflation. Pour 2004, l?IBES (Institutional Brokers? Earnings System) estime que les profits des compagnies US seront en hausse de 13.5 %, après +19.2 % en 2003 et seulement +1.8 % en 2002.

Une des raisons du retour à la croissance est la politique délibérément aggressive de baisse de taux d?intérêt menée par la FED dirigée par Alan Greenspan. Le taux d?intérêt de base à court terme est seulement de 1 % et le taux à 10 ans se situe autour de 4.25 %. Par rapport aux taux à long terme, les marchés actions sont aujourd?hui 15 % moins chers, avec des rendements (profits/cours * 100) se situant en moyenne à 5 %.

Le coût du crédit à court terme exceptionnellement bas aboutit à des excès de liquidités, extrêmement favorables aux marchés actions. D?une part, les perspectives de hausse de taux d?intérêt ont fait se repositionner des actifs précédemment investis en obligations vers les actions. D?autre part, après plusieurs années de sur-estimations de hausses des profits par les analystes financiers, ceux-ci sont maintenant pris de court par la reprise et sous-estiment les résultats, d?où tous les jours des ?surprises?, quand les résultats publiés dépassent les prévisions.

Pour les semaines à venir, la situation est donc extrêmement favorable pour les marchés actions. Cependant, la hausse de 2003 a déjà anticipé le retour à la croissance car les marchés actions US sont 25 % plus chers aujourd?hui que la moyenne à long terme : PER de 20 aujourd?hui contre une moyenne de 16 à long terme. La seconde partie de l?année, notamment si l?inflation resurgit, pourrait donc ne pas être aussi positive.

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