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Critères raciaux délaissés pour la collecte du sang
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Critères raciaux délaissés pour la collecte du sang
Le Centre national de transfusion sanguine d?Afrique du Sud (SANBS) a annoncé qu?il n?utiliserait plus de critères raciaux pour déterminer le degré de risque des donneurs. Jusqu?ici, le sang des Noirs était considéré à ?haut risque? et n?était pas utilisé pour les transfusions.
Le ministère de la santé avait estimé que cette méthode contenait des ?relents de racisme? et avait exigé, en décembre 2004, une nouvelle politique d?évaluation du risque éliminant toute référence à la race. Le SANBS s?est exécuté, non sans réticences. ?Le profil racial des donneurs est le plus sûr et le meilleur des modes opératoires pour garantir la sécurité des transfusions?, avait insisté encore, en avril, Anton Heyns, directeur du SANBS.
L?affaire était d?autant plus sensible qu?elle avait éclaté au moment où un journal avait révélé que le sang donné par le président Thabo Mbeki, en décembre 2001, avait été jeté. Le chef de l?Etat avait en effet refusé de remplir le questionnaire du SANBS. ?Nous avions le choix entre interrompre la prise de sang qui avait déjà débuté et poursuivre puis le détruire?, a expliqué un responsable du SANBS.
Tous les prélèvements sanguins effectués par cet organisme sont soumis à des tests pour détecter le virus du sida, ainsi que les hépatites B et C. Cependant, le ?risque zéro? n?existe pas. Il existe une période de latence pendant laquelle le virus du sida ne peut être détecté. Désormais, le SANBS utilisera une autre forme de test, le dépistage génomique viral, qui permet de réduire la période pendant laquelle le virus n?est pas détectable.
En Afrique du Sud, 11,4 % de la population est séropositive, selon les chiffres de 2002. La communauté noire est la plus touchée avec un taux de prévalence de 12,9 %, contre 6,2 % chez les Blancs, 6,1 % chez les métis et à peine 1,6 % dans la communauté indienne. Selon Anton Heyns, un Sud-Africain noir a cent fois plus de risques d?être séropositif qu?un blanc. Le SANBS avait donc établi quatre groupes de niveau de risque dans l?ordre : Indiens, Blancs, Métis et Noirs.
Le centre s?appuyait aussi sur d?autres critères évalués par des questionnaires comme le comportement sexuel, le passé médical ou la région d?origine. Les taux de prévalence varient considérablement selon les provinces. Ainsi, parmi les femmes enceintes, la proportion de tests positifs passe de 15,4 % dans le Cap-Occidental à plus de 40 % dans le Kwazulu-Natal. Dans les groupes considérés à ?bas risque?, le nombre de tests du sida positifs est en moyenne de 0 à 9 pour 100 000 dons de sang ; il passe de 200 à 3 000 sur 100 000 parmi les personnes considérées à ?haut risque?.
L?autre grand organisme de collecte de sang, celui du Cap-Occidental, indépendant du SANBS, n?a jamais pratiqué de discrimination raciale. Cependant, en se basant sur les statistiques prénatales, ce centre ne collecte jamais dans les townships (cités) noirs de la banlieue du Cap. En fait, ce centre de collecte affirme privilégier les quartiers des classes moyennes, sans distinction de race. Les Noirs, qui constituent plus de 76 % de la population sud-africaine, représentent moins de 5 % des donneurs de sang.
Fabienne POMPEY © 2005 Le Monde.fr-Distribué par The New york Times Syndicate
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