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Couacs pour un début de troisième trimestre

12 août 2008, 00:00

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D?abord les boutades. Ensuite le mécontentement. Dans la salle des professeurs, les visages attentifs, comme l?étaient il y a quelques instants encore ceux des élèves, sont sceptiques. Une question est sur toutes les lèvres. Du temps en plus, pour quoi faire ? «Les élèves ne sont pas là et ce que l?on nous demande de faire, nous le faisons déjà», constate Steve Samy, responsable du département de dessin.

Dans la salle, quelqu?un lance : «On fera une thérapie du rire.» Ce qui décante un peu l?atmosphère. La cloche de 14 h 30 vient de retentir. L?école est finie. Mais pas la journée du professeur. Sagement attablés derrière leurs pupitres, les enseignants du collège London attendent que débute une réunion. C?est la première du troisième trimestre.

Depuis le matin, on n?a parlé que de cela. L?extension de la journée de travail ? mais pas des heures de classe ? de 8 à 15 heures au lieu de 8 h 30 à 14 h 30. Incompréhension, ironie et soumission. Harold Chan Lam, le fondateur du collège, qui insiste qu?à «70 ans même retraité, je travaille toujours», affirme d?emblée : «Aujourd?hui, rien n?est établi.»

Hier, premier jour du troisième trimestre, «c?est dans le flou» que s?est effectuée la rentrée au collège London. Le fondateur n?a cependant pas manqué de gérer le moral de ses troupes. Bien conscient qu?il est «tenu personnellement responsable de rapporter tout éducateur qui ne suivrait pas les directives».

Ce sont, là, les termes explicites de la circulaire du ministère de l?Education. Qui explique que les éducateurs sont tenus d?enseigner durant 30 périodes de 40 minutes chacune par semaine, ce qui, «établit une distinction entre leurs heures de classe et leurs heures de travail».

<B>«Nous n?étions pas au courant»</B>

Harold Chan Lam explique que la circulaire du ministère de l?Education annonçant l?extension des heures date du 4 août. Et que la Private Secondary Schools Authority l?a fait passer aux collèges concernés le 6 août. «Ce qui est trop juste pour la rentrée du 11 août.»

Certes, Vicky Salesse, prof d?anglais et de Business studies reconnaît, comme ses collègues, que «quand nous avons signé l?option form du Pay Research Bureau, nous étions au courant que la journée se terminerait à 15 heures, mais pour ce qui est du début du travail à 8 heures, nous n?étions pas au courant». Quelques-uns de ses collègues rigolent. «Cela fait beaucoup de changement dans notre vie. Nou bizin sov travay menazer gramatin, tanto nou pa pou kapav fer nanye parski fini tar.»

Steve Samy, responsable du département de dessin, convaincu que «le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt» n?a pas attendu les nouvelles recommandations pour arriver au collège tous les matins entre 7 heures et 7 h 30. «J?aurais préféré avoir les élèves jusqu?à 15 heures», lâche-t-il en ajoutant : «J?ai dit aux élèves qui sont en retard avec leurs projets de design de rester pour travailler.»

«Le travail ne nous a jamais fait peur», affirme Rajee Pyaeeandy, responsable du département de mathématiques. «S?il le fallait, on aurait pu rester jusqu?à 17 heures, ce n?est pas un problème, mais pourquoi prendre une telle décision en milieu d?année scolaire alors que l?emploi du temps ne peut être changé ? Tout ce que l?on nous demande de faire, c?est-à-dire la préparation du travail, la correction des devoirs des élèves, nous le faisons déjà à domicile.»

Autre point qu?elle soulève : le fait que les enseignants n?ont pas, non plus, le droit de quitter le collège à moins d?en avoir demandé la permission à leur supérieur. «Si on restait avec les élèves, on aurait pu dire que c?est pour leur sécurité, mais là, peut-être que cette fois, c?est pour la sécurité du professeur?»

<B>Aline GROËME-HARMON</B>

EDUCATION SECONDAIRE

<B>La résistance s?organise</B>

■ Les syndicats du secondaire se rencontrent aujourd?hui pour décider de la marche à suivre concernant l?extension des heures d?école depuis hier. «Nous sommes très mécontents par rapport à cette mesure», déclare Yahya Paraouty, président de l?«Union of Private Secondary Education Employees». «C?est en toute surprise que nous avons appris les changements par le biais d?une circulaire lundi. Nous demandons au ministre de l?Education de revenir sur sa décision», ajoute Narendranath Gopee, président de la «Government Secondary School Teachers? Union». C?est également la grogne du côté de la Fédération des managers des collèges privés. «Nous n?avons pas été consultés par le ministère», lâche Rajen Chumroo, porte-parole de la fédération. Tout en précisant ne pas être contre l?extension des heures d?école, il regrette que le ministère n?indique pas comment remplir ce temps supplémentaire.

<B>Patrick HILBERT</B>

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