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Corsair sème la tempête
L?assaut était inattendu mais la réplique vive. L?annonce de Corsair à l?effet qu?elle desservirait Maurice à partir de février a suscité une réaction d?Air Mauritius. Mais si le transporteur français a effectivement soumis une demande au gouvernement mauricien au début du mois, aucun feu vert ne lui a été accordé jusqu?ici.
Corsair, la plus importante compagnie aérienne française après Air France et qui jouit de la réputation d?être low-cost, n?a jamais caché son ambition d?atterrir à Plaisance même si ses précédentes demandes sont demeurées vaines. Le tsunami de décembre lui ouvre toutefois un nouvel espace.
En effet, les opérateurs du tourisme local prévoient une montée en flèche des arrivées car des touristes, qui ont annulé leurs réservations dans les pays touchés par les vagues géantes, sont susceptibles de choisir la destination Maurice. Dans cette conjoncture, ils prévoient une augmentation obligatoire de la capacité avec les vols existants déjà remplis.
L?Etat mauricien et Air Mauritius réagissent favorablement à cette demande. Le ciel mauricien sera exceptionnellement ouvert afin d?accueillir les touristes qui délaissent les Maldives, les Seychelles et le Sri Lanka. Certains opérateurs approchent alors Corsair. Cette dernière, qui a suspendu ses opérations sur les Maldives, propose un vol hebdomadaire Paris-Maurice, dès février, en combinaison avec la Réunion. Lundi, Corsair met le feu aux poudres à travers un communiqué.
?Corsair a le droit de militer pour desservir Maurice mais pas celui d?utiliser le prétexte du tsunami pour appuyer sa demande. La compagnie veut faire croire au gouvernement qu?il n?y a plus un seul siège disponible sur Maurice?, explique Gérard Espitalier-Noël, le directeur d?Air Mauritius en France. La compagnie nationale d?aviation perçoit mal cette percée de Corsair.
Air Mauritius et Air France opèrent conjointement 17 vols hebdomadaires entre la France et Maurice. Les deux affirment qu?elles n?ont ressenti aucune hausse dans la demande après le tsunami. Avec 28 000 sièges libres pour la période février-mars, elles estiment que la demande de Corsair est ?inopportune et injustifiée?. ?Air Mauritius et Air France peuvent répondre à une éventuelle hausse de la demande, ajoute Megh Pillay, directeur général d?Air Mauritius, et nous pouvons augmenter la capacité mais à ce jour, 25 % de nos sièges sur la desserte Maurice-Paris sont vides.?
La période pleine tire d?ailleurs à sa fin. Le groupe Nouvelles Frontières-TUI, un des plus gros tour-opérateurs sur la destination Maurice, travaille essentiellement avec Air Mauritius en attendant que Corsair puisse atterrir à Plaisance.
Des grimaces au pays du sourire
?Du 12 février au 26 mars, Nouvelles Frontières nous a demandé 75 sièges. Il dispose d?un quota qu?il n?a pas encore rempli. Alors comment Corsair va-t-elle rentabiliser la venue d?un gros porteur à Maurice ??, se demande Donald Payen, directeur d?Air Mauritius pour le marché européen.
Corsair, qui dessert déjà la Réunion et Madagascar, ne capturera pas de sitôt ce marché lucratif. En 2003, 226 000 passagers ont voyagé entre la France et Maurice. ?Souriez, vous êtes sur Corsair?, dit la pub du transporteur. Mais au pays du sourire, il a récolté une douche écossaise. A prévoir forces grimaces à l?horizon?
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