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Coopératives : Des écoles de solidarité
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Coopératives : Des écoles de solidarité
Des coopératives en 2004 ? C?est vrai qu?aujourd?hui on entend plutôt parler de sociétés multinationales, de modèle industriel basé sur le rationalisme pur et dur, de banques commerciales. Mais qu?en est-il de ces sociétés d?intérêt collectif dont l?objectif est de réunir des gens qui ont les mêmes aspirations, de créer de l?emploi ou encore de fournir à ses membres d?autres services à caractère d?utilité sociale ?
Une chose est sûre, les coopératives ne perdent pas le Nord. Elles sont même, grâce à leur expérience, un véritable laboratoire d?idées.
Dharamjeet Bucktowar, General Secretary de la Mauritius Co-operative Union ltd met l?accent sur le fait que les coopératives sont fondées sur la liberté d?adhésion, le fonctionnement démocratique et la solidarité.
L?individualisme gagne du terrain
« Les coopératives ont germé dans des périodes de crise, lorsque des petits planteurs avaient besoin d?une aide financière, que les consommateurs ne recevaient pas les aliments de base après la deuxième guerre mondiale, et que le marché noir battait son plein », explique le secrétaire de la MCU. Il maintient qu?aujourd?hui les coopératives ont fait leurs armes, et qu?elles sont plus que jamais d?actualité car elles sont en faveur d?entreprises citoyennes avec des valeurs humaines, individuelles et collectives. « We must go back to community et freiner cet individualisme qui gagne du terrain. Quand on est uni, on est plus organisé, on a accès plus facilement aux avantages », ajoute-t-il.
Avec plus de 154,000 membres à Maurice, le mouvement continue à servir ses membres en combinant les valeurs humaines et les pratiques économiques et sociales. Si leur défi consiste à innover, à trouver le juste équilibre entre tradition et modernité, elles entendent toutefois rester un service de proximité.
À titre d?exemple, les Credit Unions, autrefois considérées comme les banques des ti dimoune, ont de plus en plus l?ambition de concurrencer les banques commerciales. Pour Clency Lajoie, président de la Credit Union de Curepipe, l?avantage principal
des banques coopératives est qu?elles fonctionnent selon un système démocratique : « Tous les membres sont égaux, qu?ils soient petits ou grands actionnaires. Ils peuvent intervenir quand il y a un problème, par exemple, s?ils détectent une fraude. Ils peuvent changer le comité exécutif, bref, ils ont la maîtrise de leur propre argent. »
Concrètement comment bénéficie-t-on d?une Credit Union ? Celle de Curepipe, société d?épargne et de crédit basée sur la coopération, permet à ses 950 membres de déposer leurs économies dans une caisse commune et d?emprunter cet argent quand ils en ont besoin. Le principe ? Les membres sont unis par un lien commun : même lieu de résidence, même lieu de travail. Ils payent un droit d?admission de Rs 200, une première épargne de Rs 200 et une carte de membre de Rs 20, donc au total Rs 420. Ils économisent en fonction de leurs capacités et de leurs projets. La Credit Union prête deux fois la somme épargnée à un taux d?intérêt de 1,5 % par mois.
Ainsi, si vous avez épargné Rs 5 000, vous pouvez emprunter Rs 10 000 et vous remboursez Rs 650 pendant 20 mois. L?autre avantage est que le taux d?intérêt est calculé sur le solde restant. Si vous payez le même montant chaque mois, la différence est transférée à l?épargne. Qui dit coopérative, dit aussi coopération dans d?autres domaines : marketing (lait, poisson, fruit, légumes), consommation (boutiques, quincailleries), production (ferme, aquaculture, construction), services (pompes funèbres, propriétaires de bus, tours opérateurs), artisanat et prêts logement. En fait, les coopératives sont des communautés humaines engagées pleinement dans le développement économique.
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