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Controverse sur la diffusion de la vidéo
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Controverse sur la diffusion de la vidéo
L?Amérique est encore sous le choc des vidéos transmises par l?auteur du carnage de Virginia Tech, dont la diffusion provoque un début de polémique et aussi alimente les questions sur la manière dont l?étudiant a pu échapper à la vigilance des autorités.
Etalées sur toutes les Unes, diffusées en boucle à la télévision, les images de Cho Seung-Hui, posant armé et regard menaçant, sont venues renforcer le portrait d?un jeune homme gravement perturbé, plein de violence et de haine
«Vous m?avez poussé dans mes derniers retranchements et ne m'avez pas laissé le choix», affirme le jeune sud-coréen dans une des 27 mini-vidéos expédiées par la poste, avant le massacre et avant son suicide, à la chaîne américaine NBC.
«Vous aviez des centaines de milliards de possibilités et de moyens d'éviter ce jour», dit-il d?un ton saccadé, ne levant que brièvement les yeux vers l?objectif de la caméra. «Mais vous avez décidé de verser mon sang... C'était votre décision. Maintenant vous avez du sang sur les mains.»
Dans son flot de propos, il se place en martyr, s?en prend aux riches, fait référence à Jésus ou aux deux jeunes auteurs de la tuerie de Columbine. Sur une photo, il apparaît brandissant les deux pistolets qui lui serviront lundi dernier à massacrer 32 étudiants et professeurs de l'université où il étudiait l?anglais.
Depuis le jour de la tuerie, l?Amérique se demande comment l?étudiant, repéré par la police du campus en 2005 après une plainte d'étudiantes pour harcèlement, puis envoyé en hôpital psychiatrique, puis également repéré par un juge et plusieurs professeurs, a pu passer entre les mailles.
Avant-hier, au lendemain de la diffusion des vidéos du tueur, les dirigeants de Virginia Tech se sont défendus de toute inaction.
<B>La séduisante tentation d?accuser</B>
«Je sais que nous avons suivi nos procédures correctement dans le passé, nous avons agi d'après les informations dont nous disposions à l'époque, et maintenant nous avons bien plus d'informations», a dit le vice-président de l?université, Ed Spencer, lors d?une conférence de presse. «Je pense à la séduisante tentation d'accuser, et j'espère que personne parmi nous n'ira dans ce sens.»
Le chef de la police de Virginia Tech a pour sa part critiqué la décision de NBC de montrer ces images.
«Je suis déçu par la décision éditoriale de diffuser ces perturbantes images,» a dit Steve Flaherty, relevant qu?habituellement seuls les policiers ont accès à ce genre de matériel. «Je suis désolé que vous ayiez tous été exposés à ces images... Je déteste l'idée que des gens non habitués aient dû voir ce genre d'images.»
Par ailleurs, l?officier a indiqué que le contenu du paquet avait apporté dans l?immédiat peu d'éléments à l?enquête : «Le colis a simplement confirmé ce que nous savions déjà, sur de nombreux aspects.»
Une autre polémique enfle aussi quant à la réaction policière pendant les deux heures qui se sont écoulées entre une première fusillade, qui a fait deux morts sur le campus lundi en début de matinée, et le carnage qui a suivi. Selon le New York Times, la police, après la première attaque, a peut-être suivi une fausse piste et initialement poursuivi un jeune homme qui n'était pas le bon.
Les enquêteurs tentent désormais de déterminer si Cho a utilisé ce temps pour aller poster son colis à NBC : le cachet postal indique Blacksburg, lundi à 9h01, soit une heure et demie après la première fusillade et moins d?une demi-heure avant le début de la seconde.
La police n?était cependant pas en mesure avant-hier de confirmer qu?il avait bien posté lui-même le paquet à l?heure dite : lundi étant la date limite pour les déclarations de revenus aux États-Unis, le bureau de poste était bondé et les souvenirs des employés ne sont pas précis.
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