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Contrefaçon à vue de nez
La contrefaçon a la dent dure. Malgré tous les efforts de Mado, le distributeur exclusif de la plupart des grandes marques françaises de parfum, des contrefaçons sont de nouveau écoulées sur le marché. Le prix a grimpé, Rs 500 au lieu de Rs 300 en décembre dernier et les vendeurs se présentent comme des employés de Mado.
Daoud Ingar, directeur genéral et propriétaire des magasins Mado, affirme être au courant de la reprise de la vente de parfums Chanel, Giorgio Armani et Hugo Boss notamment. Plusieurs clients se sont plaints. Ceux qui écoulent ces produits passent de bureau en bureau, font du porte à porte ou alors choisissent des clients auprès des hypermarchés en se faisant passer pour des employés de Mado.
L?emballage dans lequel ces faux parfums sont vendus ressemble à s?y méprendre aux boîtes des produits authentiques. Mais la ressemblance s?arrête là. Un employé de Mado qui a comparé les parfums provenant de faux flacons à des originaux a déclaré hier que ces contrefaçons ne valent pas plus que Rs 100 en raison de leur mauvaise qualité.
Les parfums contrefaits, du moment qu?ils sont vaporisés peuvent facilement induire en erreur un novice. Ce parfum flatte les narines mais s?évapore très vite et n?a pas la discrétion de l?original.
Une enseignante qui s?est fait escroquer devant Game cette semaine a acheté pour Rs 2 500 de parfums, soit cinq flacons de différentes marques. La vendeuse, une brune potelée aux cheveux légèrement décolorés, a allégué qu?elle écoulait un stock de Mado.
<B>LE SECRET EST DANS LE DOSAGE</B>
L?enseignante s?est rendu compte de l?escroquerie quand elle est retournée sur place quelques minutes après avec des amies intéressées par ces parfums à prix canon. La vendeuse avait disparu. Il était environ midi et, comme l?enseignante avait payé avec un chèque au porteur, elle s?est rendue à sa banque deux heures après pour faire opposition au paiement. Le chèque avait été déjà touché.
La vente de parfums représentés par Mado à Maurice a commencé en décembre dernier. La chaîne de magasins présente à Maurice, la Réunion et Mayotte a réagi et mis le public en garde à travers des communiqués. Il semblerait qu?il y ait un stock important de parfums contrefaits à Maurice et l?écoulement aurait recommencé.
Daoud Ingar indique que ses parfums sont vendus à Maurice à un prix légèrement plus élevé qu?à Paris et environ 15 % plus cher qu?à la boutique hors taxes de Plaisance. Quoiqu?il en soit, aucun de ces parfums ne pourrait se vendre à Rs 500; car leur prix dans les magasins Mado dépasse les Rs 2 000.
Mado a déjà six points de vente à Maurice, avec un chiffre d?affaires tournant autour de Rs 30 millions. La vente des parfums de luxe est un business lucratif et explique le développement d?un réseau de vente de contrefaçons.
Depuis que Mado a tiré la sonnette d?alarme, ni la douane, ni la police n?a encore réagi. La trentaine de plaintes reçues en deux semaines par Mado indique que le réseau de parfums contrefaits dispose d?un stock important. Comment ces parfums ont-ils passé la douane ? Sont-elles arrivées en valise ou conteneur?
Le pays d?origine de ces parfums n?est pas un mystère. Elle proviennent d?Asie où les parfums contrefaits ont gagné en qualité mais restent loin derrière l?original. Les parfums Dior, Chanel, Givenchy, Hugo Boss, Armani, etc. ont leur secret de fabrication qui repose sur un mélange subtil résultant de recherches menées sur des années. Même si un faussaire arrive à mettre la main sur tous les ingrédients qui entrent dans la composition de ces parfums, il aura une chance sur un million de produire une copie exacte de l?original. Le secret est aussi dans le dosage.
L?Asie connaît depuis peu des parfums génériques. Ainsi, on a des génériques de tous les grands parfums français que la firme malaise, présente à la foire malaisienne au port franc, tente de faire commercialiser à Maurice. Prix des génériques: Rs 200 le flacon.
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