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Consommation : La bataille de l?électroménager
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Consommation : La bataille de l?électroménager
L?intention était d?attirer l?attention et c?est réussi. La récente campagne publicitaire de J. M Goupille et Courts a pris tout le monde de court. Car si la publicité a pour objet conventionnellement de promouvoir les produits qu?offrent les diverses compagnies, la joute entre les deux entreprises est plus axée sur l?expression agressive d?une rivalité commerciale. Et le trophée de cette joute : la récupération d?une clientèle de produits électroniques.
Mais entre les arguments de chaque bord, une question surgit sur l?origine, et surtout la qualité des produits présents sur le marché mauricien aujourd?hui.
Le vendredi 11 mai, la nature graphique d?un communiqué de presse ne passe pas inaperçue. La firme Goupille avise le public qu?il est le seul distributeur officiel de la marque Samsung, à Maurice, et que les produits, de la même marque, commercialisés par Courts ne répondent pas aux normes des produits dits « officiels ».
Cette situation s?envenime quand, à peine un jour après, Courts réplique. Dans un autre communiqué, tout aussi interpellant, la chaîne de distribution, récemment reprise par le British American Investment (BAI), s?élève contre la publicité de Goupille. Elle rassure ainsi le public sur l?origine et la qualité des produits qu?elle commercialise en général.
On croyait l?équation équilibrée, mais les choses se compliquent davantage avec la parution d?une troisième publicité de Galaxy, cette fois-ci. Utilisant des termes tels que « piratage », « imitation » ou « copie », ce qui n?était qu?un conflit commercial commence à prendre des ampleurs de petite guerre.
Un quatrième épisode, qui est venu clore la semaine, a aussi vu la parution d?un communiqué de la maison mère de Samsung, conseillant les Mauriciens de s?approvisionner chez Goupille, qu?elle reconnaît comme le seul agent de la marque.
Le ton agressif des publicités
Mais est-ce un simple conflit commercial ou y a-t-il eu un antécédent entre les deux compagnies pour expliquer une telle offensive ? Malgré le ton agressif des publicités, chez Goupille, qui opère sous la même bannière que Galaxy, CIM, on tente de minimiser les proportions que prend soudain cette démarche de récupération des clients de la marque Samsung.
Édouard Espitalier Noël, directeur général de CIM, répond : « On ne peut pas parler d?offensive pour l?instant. Notre démarche a simplement pour but de rappeler aux Mauriciens que nous sommes le distributeur agréé de la marque Samsung, et en tant que tel, nous avons le devoir de promouvoir la marque et les services derrière. »
Il poursuit en rajoutant que : « Nous sommes les seuls à pouvoir offrir un support après-vente approprié aux clients de Samsung, car nous avons les techniciens formés et l?infrastructure pour et on ne peut pas en dire autant pour Courts. »
« Les implications sont lourdes »
Argument que réfute sans réserves le directeur général de Courts, David Issacs. Tout en déclarant ne pas comprendre la raison d?une telle campagne de Goupille, ce dernier explique que : « Ils ont un support après-vente adéquat, mais nous aussi. Nous avons une main-d??uvre technique qualifiée et nous procédons à des réparations à partir de pièces de rechange d?origine. Nos produits sont autant authentiques que les leurs. »
David Issacs affirme aussi que Courts s?approvisionne auprès de grandes firmes de distribution à Singapour, qui desservent l?Europe, l?Asie du sud-est et l?Afrique. « Ces grandes firmes se fournissent chez les usines des grandes marques directement et assurent la liaison vers d?autres distributeurs comme nous. D?après ce que je sais, il n?y a rien de mal à ne pas s?approvisionner chez le revendeur officiel local. C?est le principe du marché libre. Ces produits sortent de la même usine, mais suivent des routes différentes. »
De plus, s?il dit ne pas comprendre les réelles raisons derrière la démarche initiale de Goupille, David Issacs avoue que l?apparition de Galaxy dans cette bataille publicitaire laisse planer une connotation malsaine à l?équation.
« C?est pour cela que nous avons répondu. Et quand vous voyez le choix des mots sur la publicité, les implications sont lourdes. Mais il n?y a aucun fondement légal sur ce que Goupille nous reproche. »
Toutefois, au sujet de la publicité de Galaxy, Édouard Espitalier Noël dit ne pas être au courant de leur gestion au quotidien et ne pas connaître leur planning publicitaire.
Ces explications des deux protagonistes mènent à la définition d?un produit dit « officiel » et d?un autre dit « imitation ». Aujourd?hui, avec la mondialisation et la délocalisation des fabrications de produits électroniques vers les pays dits tiers, le consommateur n?a aucun signe ostentatoire pour juger de l?authenticité des produits. Car si autrefois les marques étaient l?expression d?un signe de qualité ou pas, de nos jours, ces mêmes identifications sont facilement reproduites dans d?obscurs ateliers du Sud-Est asiatique.
Le prestige de la marque
C?est ainsi qu?aujourd?hui, afin de se prémunir contre les risques de commercialiser des produits douteux, la plupart des distributeurs s?alimentent directement auprès des fournisseurs officiels.
Cet argument est repris par Goupille, à travers Édouard Espitalier Noël. « Nous assurons un service de qualité depuis des années qui est reconnu par les distributeurs à Maurice. C?est dans ce sens que nous comptons aujourd?hui plus de 70 revendeurs à travers l?île, qui représentent en gros une centaine de magasins. Ces produits Samsung comportent la garantie du représentant officiel, soit un service de vente et d?après-vente agréé par la compagnie mère. »
Toutefois, dans une économie de marché libre, la compétition est toujours vue comme un aspect favorisant le consommateur. Mais ce dernier est souvent la proie de marchandises issues de voies obscures.
Ainsi, outre les produits, les agents doivent surtout protéger l?image de qualité de certaines marques. Car de nos jours, malgré le niveau avancé de logistiques de reproduction, le consommateur n?a que le prestige de la marque pour se faire une idée sur la qualité du produit qu?il recherche.
DISTRIBUTEURS AGREES : UNE HISTOIRE DE GARANTIE
Si certains produits électroniques sur le marché sont identiques en apparence et fonctions, c?est surtout le prix qui les différencie. À l?image des téléphones portables, ceux issus des marchés dits « gris » sont souvent moins chers sur le marché local. Mais en échange de cette différence de prix, le consommateur se voit souvent en face d?un clavier figurant une écriture étrangère, qui sous-entend que le produit était destiné à un marché lointain.
Acheter un produit d?un représentant officiel implique ainsi deux choses :une origine officielle de la maison mère et une garantie internationale pour les services après-vente. Mais les conditions de cette garantie sont relativement floues. À titre d?exemple, Kevin Canoo du département des ventes d?Harel Mallac Technologies, explique la garantie autour d?un ordinateur portable représenté par la compagnie à Maurice.
Selon lui : « Le contrat de garantie internationale d?un ordinateur acheté par un Mauricien en France d?un distributeur n?est pas valable ici. Les réparations éventuelles seront, bien sûr, entreprises par la compagnie, mais elles seront aux frais du consommateur. »
La garantie internationale, explique Kevin Canoo, est valable seulement lorsqu?une personne fait l?acquisition d?un produit dans le pays d?origine dont il est le citoyen. « Une personne achète un ordinateur portable de chez nous et part étudier ou travailler à l?étranger. Si l?appareil tombe en panne, sa garantie sera valable chez le représentant officiel de la marque dans ce pays. La garantie internationale suit le client. Mais il faut que l?achat soit fait dans le pays d?où il est originaire. »
Toutefois, cette garantie internationale peut aussi se négocier entre distributeurs agréés régionaux. Comme, par exemple, de nombreux accords entre les distributeurs officiels mauriciens et sud-africains. Dans ces cas, la question de nationalité ne se pose pas.
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