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Consensus pour éviter les dérapages

1 mars 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

?A PARTIR de maintenant, les radios et la télévision sont sous un régime de haute surveillance ?, déclare le président de l?Independent Broadcasting Authority (IBA), Ashok Radhakissoon. Après deux réunions, la seconde ayant eu lieu hier après-midi, entre l?IBA, les radios privées et le service public, des ?engagements solennels?, dont la diffusion en léger différé de certains programmes, ont été pris pour permettre d?éviter des dérapages à l?antenne. L?IBA assurera, pour sa part, un suivi systématique pour faire respecter ces engagements.

En cas d?excès, le régulateur sanctionnera. Il ira jusqu?à la suspension des émissions pendant 21 jours et, ?s?il le faut?, jusqu?au retrait de la licence. Toutes les parties sont d?accord pour mettre en place un système de broadcast delay. L?équipement, dont l?IBA facilitera l?acquisition et la mise en opération, permettra de diffuser une émission à thème sensible avec un décalage de 8 à 20 secondes. Ceci permettra aux radios de couper des propos pouvant heurter les susceptibilités avant qu?ils ne soient diffusés sur les ondes.

?Les radios et la télé ont la responsabilité de décider quand un sujet peut déraper. Le but n?est pas que cela soit fait pour chaque émission en direct sinon, ce serait grave?, devait souligner Ashok Radhakissoon lors d?une conférence de presse après la réunion d?hier.

Deuxième engagement : les médias seront vigilants concernant le choix des sujets et la conduite des programmes. Des précautions seront également prises concernant les questions des auditeurs. Si besoin est, les émissions sur des sujets controversables seront pré-enregistrées. Avant chaque émission ?sensible?, l?animateur devra avertir l?audience que celle-ci peut être interrompue en cas de dérapages.

La formation des animateurs et journalistes qui pilotent ces émissions est un autre point sur lequel on est arrivé à un consensus. L?IBA relancera les démarches déjà entreprises dans le passé auprès d?organismes étrangers dans cette optique.

Ces mesures ne sont cependant pas effectives immédiatement. L?IBA souhaite en effet laisser le temps aux radios et à la télévision de mettre en pratique ces résolutions. Néanmoins, s?il n?y a pas de progrès, ?la suspension des émissions en direct est toujours possible ?, précise Ashok Radhakissoon.

Un même traitement

Si les radios privées et la MBC s?engagent à respecter ces résolutions, elles demandent également à l?autorité régulatrice d?exercer pleinement son rôle. ?Lorsqu?une radio dérape, l?IBA doit assumer ses responsabilités et sanctionner cette radio selon les dispositions de la loi?, affirme le directeur général de Radio One, Finlay Salesse. Il se dit réconforté que le service public et les radios privées ont été traités sur un pied d?égalité par l?IBA.

Balkrisna Caunhye, directeur général de Top FM, abonde dans le même sens. ?Nous prenons à c?ur notre responsabilité et nous comptons l?assumer.? Au niveau de la MBC, on affiche aussi la satisfaction.

Tout en exprimant son accord sur toute la ligne, Eshan Khodarbux, président exécutif de Radio Plus, estime que les invités d?une émission et les auditeurs doivent exercer leur part de responsabilité. ?Avec les radios privées, ils ont une plate-forme pour s?exprimer, qu?ils n?en abusent pas. ?

Cet après-midi, le Premier ministre, Paul Bérenger, recevra les patrons des radios privées pour évoquer également les récents dérapages.

?Nous faisons la radio de demain?

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