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Congestion routière : Quand l?État tourne en rond
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Congestion routière : Quand l?État tourne en rond
Il n?y a pas mille solutions, mais mille propositions. Le temps passe, les gouvernements se succèdent et la congestion routière demeure. ?Il suffit d?une panne d?un gros véhicule pour que l?île Maurice soit bloquée.? Ce n?est pas l?exaspération d?un automobiliste mais le constat d?un spécialiste, Stephan Atchia, ingénieur des modes de transport et conseiller au ministère du Transport.
La situation est désormais hors de contrôle. Pourtant, les projets ne manquent pas. D?une route périphérique qui évitera la capitale au bus lane en passant par l?introduction d?un mode alternatif, entre autres, on n?a cessé d?envisager plusieurs solutions. Mais les investissements massifs et les considérations politico-financières font qu?aucun projet n?a abouti.
Le dernier projet en date est la construction d?une route qui contourne Port-Louis, entre Montagne-Longue et Verdun. Le coût est prohibitif mais des études de viabilité sont en cours. Entre-temps la situation empire dans la capitale aux heures de pointe. Entre Forest-Side et Mapou en passant par Port-Louis, dans les deux sens, c?est un dédale le matin et l?après-midi.
Le projet d?interdire le passage par Port-Louis des véhicules lourds entre 7 et 9 heures a été abandonné. Les opérateurs du privé ont poussé un ouf de soulagement. ?Car ces véhicules sont autant pénalisés que les autres et cette mesure aurait créé encore plus d?injustice car elle allait toucher uniquement ceux qui passent par Port-Louis...?
Entre les véhicules lourds et les automobiles, il reste le transport en commun. Les appels sont incessants pour que les automobilistessolitaires l?empruntent. L?introduction des autobus climatisés participe de la volonté de réduire le volume du transport passant par Port-Louis. Mais les spécialistes savent que les automobilistes ne sont pas nombreux à vouloir renoncer à leurs véhicules.
?Du panadol au lieu de la chirurgie?
Autre mesure qui n?a pas abouti : le péage. Les Mauriciens ne sont pas prêts à payer un droit pour traverser ou avoir accès à la capitale. La délocalisation de certaines activités est un processus qui prend du temps. Le cas du ministère de l?Education, transféré à Phoenix, est souvent cité en exemple mais ce n?est qu?une exception.
Un nouveau type de transport public semble s?imposer. Cependant les tergiversations des différents gouvernements depuis 1990 indiquent que nous en sommes loin. Toutes les options ont été évoquées. Du métro léger au monorail en passant par le light rail transit, elles sont toutes exorbitantes. Ce qui a calmé les ardeurs des plus grands partisans pour un nouveau mode de transport public alternatif.
La construction de nouvelles routes reste une éventualité mais il y a des contraintes géographiques et des coûts à encourir. Alors que la situation s?enlise, le parc automobile ne cesse de s?agrandir. ?Jusqu?ici, on propose du panadol alors qu?une intervention chirurgicale s?impose. On traite les symptômes au lieu du mal?, insiste ainsi un opérateur privé de véhicules lourds.
Une remarque sarcastique et sévère mais pas fausse, surtout qu?en matière de trafic routier, Maurice peut se montrer plus royaliste que le roi. En effet, alors qu?à Paris ou à New York, on roule en moyenne à 15 km/h, la moyenne entre Caudan et le Quai D et de 8 à 9 km/h.
C?est dire les conséquences pour notre économie à un moment où la productivité est exigée, où le trafic grandissant implique davantage de pollution et où le prix du pétrole n?arrête pas de grimper. On peut s?attendre au pire lorsqu?on sait que de quelque 120 véhicules pour 1 000 habitants, on passera dans une quinzaine d?années à 300 véhicules pour 1 000 habitants. Avec seulement quelque 2 000 kilomètres de route, la flotte sera d?environ 500 000 véhicules contre 170000 actuellement.
De mal en pis si...
Si les embouteillages se limitent présentement aux villes aux heures de pointe, il faudrait s?attendre que le problème se généralise. Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement de l?Alliance sociale a évoqué des projets comme un bus lane de Trianon à Port-Louis et d?un autre le long de la route St.-Jean. Il a été aussi question d?un plan de trafic routier pour l?entrée nord de la capitale au niveau du Quai D.
La construction d?un auto-pont a été également à l?ordre du jour. Pour décongestionner Quatre-Bornes, il y a eu le projet routier Phoenix-Beaux-Songes. Une ring road et une link road étaient envisagées à Port-Louis et à Rose-Hill. Enfin, et non des moindres, le projet d?un tunnel au centre de Port-Louis avait été mentionné avec insistance.
Autant dire aussi que d?ici quelques années, la situation ira de mal en pis si rien n?est entrepris maintenant. En 2020, entendrons-nous d?autres dire que les décideurs de ce début de siècle n?ont pas su faire preuve d?anticipation, livrant ainsi le pays au chaos d?une circulation sauvage?
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