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Congestion au port
Le port redevient une zone de fortes turbulences. En dépit de la mise en service de deux nouveaux portiques, les compagnies maritimes affirment que la situation s?aggrave. Elles réclament que des mesures correctives soient prises d?urgence. Au cas où elles ne constatent aucune amélioration de la productivité, non seulement elles réviseront à la hausse leurs tarifs mais elles pourront délocaliser leurs activités de transbordement au profit de nos concurrents.
Les directeurs des trois compagnies maritimes opérant à Maurice ont adressé une lettre au ministre Xavier Duval pour exprimer leur exaspération. Ils avertissent que la lenteur des opérations au port entraînera des conséquences négatives pour les exportateurs ainsi que pour l?économie nationale. Si les armateurs appliquent un «port detention surcharge» comme ils menacent de le faire, tant les industriels que les consommateurs en feront les frais.
L?inefficience de notre port est proverbiale. Un rapport rédigé par des analystes de la MCB attirait, en mars dernier, l?attention sur ce problème. Il rappelait un classement de la Banque mondiale qui est honteux pour notre pays : Maurice figure à la 132e place (sur un total de 150 pays) dans le classement 2007 de l'Indice de perception des logistiques. Cette mesure tient compte de la mise à bord et du débarquement des marchandises, des opérations de mise et de reprise sous hangar et du respect des délais. Maurice est devancée, sur cette liste, par des pays moins ambitieux, dont Madagascar et le Mozambique.
Cela n?a pas empêché les autorités du port de réclamer une augmentation des frais de transbordement depuis avril. Ces hausses atteignent 200 % dans certains cas. On comprend la colère des compagnies maritimes qui doivent payer plus aux prestataires de services alors que la qualité se dégrade.
Déjà, les premiers effets du chaos qui prévaut au port se sont fait sentir. «Several vessels have skipped Port-Louis in view of long port stay that were likely to be encountered» déplorent les compagnies maritimes dans leur lettre au ministre de tutelle. Maintenant, que «the decreasing trend in productivity has, since January 2008, been further accentuated and is today way out from our expectations» d?autres torts peuvent être causés au pays.
Nous aurons beaucoup de mal à attirer le trafic cargo, qui est en pleine croissance, entre l?Asie et l'Afrique. Plusieurs navires éviteront Port-Louis, ne pouvant supporter ses retards. Pourquoi une compagnie maritime devrait-elle opter pour Port-Louis alors que Toamasina, à Madagascar, ou Durban, en Afrique du Sud, offrent des services portuaires mieux organisés ?
Justement, le terminal de conteneurs de Toamasina est géré par un opérateur international. A Maurice, nous tergiversons encore sur le choix d?un partenaire stratégique.
Certains avaient cru que l?entrée en opération des deux nouveaux portiques allait résoudre le problème portuaire. Mais un matériel nouveau, fût-il de haute technicité, n?a jamais pallié la mauvaise organisation des hommes.
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